La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
L’immeuble a belle allure. Brique rouge, double vitrage… Voilà pourtant plusieurs années qu’il a été inauguré boulevard Ney, porte des Poissonniers. Mais, apparemment, même son label HQE ne suffira pas à séduire les salariés des agences Pôle emploi du XVIIIe, appelés à y emménager. Le projet de regrouper tous les services sur un site unifié, selon le modèle progressivement mis en œuvre par Pôle emploi, doit en principe se faire ici, entre Maréchaux et périphérique.
Or ici les salariés des agences concernées ont lancé une pétition pour s’y opposer.
Commune aux pôles Guy-Môquet, Damrémont, Compoint et Brochant, la « pétition boulevard Ney » gagne du terrain sur le Net et circule de boîte mail en boîte mail, dénonçant sans état d’âme les « difficultés » que présente le projet. Par ordre croissant de préoccupation, « les possibilités de restauration, l’accessibilité du lieu, la sécurité et les risques psychosociaux ».
Le projet sera présenté par la direction en janvier
Les agents ne se contentent pas d’évoquer l’environnement désolé que représentent un centre d’hébergement d’urgence pour sans-abri, situé en face, ou ce bidonville en contrebas, qui ne cesse de s’étendre sur les voies désaffectées de l’ancienne petite ceinture ferroviaire de Paris… « L’immeuble est à dix ou quinze minutes de marche sur le boulevard des Maréchaux, avec une ligne de bus, le PC3, très irrégulière et le plus souvent bondée », notent les pétitionnaires, qui s’inquiètent aussi de devoir, s’ils arrivent par la porte de la Chapelle, « passer sous un pont, un tunnel long et sombre, pollué et souvent squatté ». Le voisinage? « Un haut lieu de la prostitution et du trafic de drogue », affirment les signataires, qui se réfèrent à « plusieurs rapports sur la délinquance, des articles de presse et des reportages qui étoffent ce climat d’insécurité ». Les « anti boulevard Ney » n’hésitent pas à évoquer une épidémie de dépression nerveuse chez les salariés…
Face à ce feu alarmant de critiques, Pôle emploi prône le calme. D’ailleurs, la pétition des agents du XVIIIe n’a officiellement pas encore gagné la direction. Et, de toute façon, « le dossier de ce projet de site unifié ne sera présenté que dans le courant du mois de janvier au comité d’établissement », comme l’explique un représentant de la direction de Pôle emploi. « Il y a aura une phase de présentation aux agents et, tant que l’étape du CE n’est pas franchie, rien n’est figé. »
Le Parisien ÉLODIE SOULIÉ