La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
XB annonce que la nouvelle feuille de route sera fixée "dès la rentrée".
Est-ce l'annonce d'un départ anticipé de Christian Charpy ?
Pôle emploi : l'autonomie des conseillers au coeur du débat
Les Echos 22 juin 2011
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, veut fixer rapidement la nouvelle feuille de route de Pôle emploi. « Dès la rentrée, il faut pouvoir mettre sur la table des propositions assez précises », a-t-il indiqué lundi devant l'Association des journalistes de l'information sociale, ajoutant ne pas voir « pourquoi attendre le début de 2012 pour mettre en oeuvre ce qui marche ».
Ce qui marche en matière d'aide au retour à l'emploi, c'est justement le sujet sur lequel a planché le Centre d'analyse stratégique, après l'Inspection générale des finances et le Conseil économique, social et environnemental. Le CAS a choisi d'aller rechercher les « solutions émergentes » en Europe sur l'accompagnement des demandeurs d'emploi, dans une note rédigée par Camille Guézennec, publiée hier.
Le texte souligne le défi que constitue pour les politiques publiques la nécessité de « trouver des moyens d'assurer la souplesse nécessaire à l'accompagnement, en évitant l'écueil des pratiques discriminatoires et dans le respect d'une enveloppe budgétaire limitée ». Pour y arriver, le CAS veut « consacrer le rôle pivot du conseiller, pilote d'un accompagnement sur mesure », à l'instar de ce qu'ont lancé la Grande-Bretagne et l'Allemagne, les deux références sur lesquelles a travaillé aussi l'Inspection générale des finances.
Le CAS est en effet très critique sur le « profilage [des chômeurs] sur la base de calculs statistiques » . Il cite une étude de l'ex-ANPE qui conclut qu'il est « très difficile à mettre en pratique, tant du point de vue de l'efficacité de l'outil [...] que de son utilisation par les conseillers ». Pour autant, il faut différencier plus fortement « la nature et l'intensité de l'offre de service » selon les besoins du chômeur. Le CAS préconise même d'expérimenter l'abandon des parcours types d'accompagnement au profit d'un principe « d'autonomie des conseillers » . Il suggère de professionnaliser leur fonction et pour cela de créer « une véritable qualification professionnelle consacrée à l'accompagnement », accessible en formation initiale ou continue « suffisamment longue » pour ne pas se limiter aux dispositifs offerts par Pôle emploi et aborder aussi la connaissance du marché du travail ou la psychologie.
Cette autonomie renforcée du conseiller supposerait la mise en place en parallèle d'indicateurs d'impact qui ne soient pas « trop simples ou simplistes sinon chacun ciblera surtout les chômeurs les plus proches du retour à l'emploi », souligne le président du CAS, Vincent Chriqui.
Cela constituerait une vraie révolution. Il reste à savoir si un tel schéma est compatible avec le suivi par chaque conseiller de Pôle emploi de plus de 100 demandeurs d'emploi en moyenne. Sur ce point, le président du CAS botte en touche : « Notre rapport ne porte pas sur les moyens. »
Le rapport du CAS:
Rapport du CAS sur Pôle emploi