La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Pôle emploi: "on en a marre du compteur macabre ..."Par Fabrice DUBAULT FR3 Languedoc-Roussillon 17/02/10
Les neuf syndicats de Pôle emploi ont demandé mercredi "des mesures immédiates" et "une remise en cause de l'organisation du travail", après deux nouvelles tentatives de suicide de collègues à Ajaccio (Corse) et Agde (Hérault), disant en avoir "marre du compteur macabre (...)".
Une conseillère à mi-temps de l'agence d'Agde (Hérault) a aussi tenté de mettre fin à ses jours chez elle avec des médicaments durant le week-end.
"Il n'est pas supportable que des agents puissent être amenés pour tenter de se faire entendre de la direction de Pôle emploi à recourir à des actes d'automutilation ou d'attentat à leur propre vie", ont écrit les syndicats, faisant taire leurs rivalités pour s'entendre sur un texte commun.
"C'est l'organisation du travail qui est à revoir" selon eux, car "déshumanisée et pathogène" et dont les choix "démontrent leur inadaptation à la situation du chômage, leur inefficacité à satisfaire les besoins des ayants droit (...) et leur nocivité pour les agents (...)". "Il n'est pas plus supportable que les agressions physiques ou verbales" subies au guichet par les agents "soient banalisées et considérées comme faisant partie des risques inhérents à l'exécution normale" de leurs missions, ont-ils ajouté.
Les organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, Snap, SNU, Sud, Unsa) martèlent qu'elles "ne se contenteront pas d'engagement uniquement de pure forme
de la part de la direction".
Elles "exigent bien au contraire des mesures immédiates et adaptées qui permettront à tous les agents de retrouver un sens à leur travail, même si ces mesures remettent en cause le calendrier de déploiement prévu par la direction générale" depuis la création de Pôle emploi en janvier 2009.
En Corse, le personnel est appelé à la grève jeudi après qu'un cadre âgé de 55 ans, s'est tailladé les veines dans les locaux de la direction régionale à Ajaccio, traçant selon plusieurs témoins les mots "Harcèlement", "Discrimination" avec son sang sur un mur des toilettes.
Pour les syndicats, ce sont "des circonstances qui laissent présager un lien direct avec sa souffrance liée aux conditions de travail".