La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Le collectif de Paris-Damrémont lance un cri d'alarme
15 avril 2011
LETTRE DU COLLECTIF POLE-EMPLOI PARIS-DAMREMONT
Décisions du collectif Damrémont suite aux graves détériorations de nos conditions de travail et de nos missions de conseillers mettant en cause notre sécurité physique et mentale
Nous avons appris lors de la réunion de service du vendredi 8 avril 2011 une grave détérioration de nos conditions de travail et de nos missions de conseillers mettant en cause notre sécurité physique et mentale.
Nous considérons que cette nouvelle détérioration de nos conditions de travail met en cause notre sécurité et notre santé physique et mentale au vu de :
- La pollution du site de Guy Moquet, site que l’onnous demande d’intégrer alors que les agents qui l’occupent actuellement se plaignent d’inhaler de l’air ambiant pollué par des émanations de gaz d’échappement d’un garage voisin.
- Notre peur d’inhaler des gaz d’échappement au quotidien pouvant contenir notamment un taux élevé de particules fines, très nocives pour la santé. Nous somme confortés dans notre inquiétude par l’alerte à la pollution et aux particules fines sur Paris déclenchée par Airparif le samedi 8 avril à l’occasion de laquelle nous avons appris leurs conséquences graves pour la santé (asthme, problèmes cardio-vasculaires, Accident Vasculaire Cérébral etc.).
Nous demander d’intégrer les locaux de Guy Moquet dans ces conditions connues de tous, ne reviendrait-il pas à nous imposer de vivre, au quotidien, une situation équivalente à une alerte à la pollution de l’air ? Pour notre part, nous le craignons.
- la suppression de l’agent de sécurité et la crainte du retour des agressions
Nous avons subi en automne dernier plusieurs agressions (3 agressions signalées dont 1 s’étant soldée par une plainte et une procédure d’accident du travail en cours). Depuis le 11 décembre 2010, la situation de violence a été contenue par l’arrivée d’un agent de sécurité suite à une action collective. A cette occasion, La DTD s’est engagée auprès de nous à assurer notre sécurité par la présence durable d’un agent de sécurité en nous précisant que la décision de la reconduction de son contrat étant «à sa main »
Nous prévoyons :
- qu’au vu du manque de réponse satisfaisante apportée aux usagers par les conseillers placement lors de l’inscription en EID concernant leur indemnisation (montant, durée…)
- qu’au vu du mécontentement des D.E qui ne pourront plus obtenir de RDV avec leur conseiller dans le cadre du SMP physique, remplacée par un SMP téléphonique
- Qu’au vu de la chronicité des retards importants de traitements des dossiers indemnisation qui génèrent un flux de demandeurs d’emploi mecontents dans notre agence
Cette décision de supprimer l’agent de sécurité nous remette grandement en danger lorsque nous devrons assurer l’accueil au quotidien et assurer l’EID.
- Perte de cohésion d’équipe liée au nomadisme sur 2 sites :
Nous prévoyons que ce nomadisme entre 2 sites contribue à la fragmentation de notre cohésion d’équipe qui est un pilier essentiel de la coopération et de l’entraide de qualité que nous avons su mettre en œuvre depuis des années à Damrémont. Elle renforce notre capacité individuelle et collective « à tenir » face au stress important généré par nos conditions de travail de plus en plus dégradées. Un tel nomadisme pourrait remettre en cause cette cohésion et être source d’une fragilisation collective et par voix de conséquence individuelle.
(Le rapport sur le climat social de 2009 l’a confirmé : 70% agents du réseau sont en job-strain et « tiennent » grâce à leurs collègues et à l’entraide)
Nous considérons que nos missions de conseillers et de service rendu au D.E ne sont plus assurées et génère stress, conflit éthique et de valeur, sentiment d’insécurité, au vu de :
- La réduction du SMP physique au profit du SMP téléphonique et SMP groupe (hors PAE1)
- la mise en place d’entretiens téléphoniques d’un ¼ d’heure, impossible à réaliser au regard des multiples actes professionnels constituant un entretien et demandé par l’établissement dans le cadre du contrôle interne (mise à jour du profil, point sur les actes positifs de Recherche d’emploi ou de formation, définition et saisi d’un nouveau plan d’action, recherche d’offres ou de formation, recherche et prescription de prestation, rédaction et envoi des conclusions d’entretien, envoi des offres par courrier , établissement d’une nouvelle convocation)
- l’amplification de la surcharge de travailalors que nous ne parvenons déjà pas à accomplir nos missions avec 200 D.E actifs par portefeuille (projet de mutualisation, retour de PST, augmentation des portefeuilles, sous-effectif lié aux conseillers en formation…)
- L’éclatement de notre agence sur 2 sites (multiplication des trajets, perte de temps, nomadisme, perte de cohésion d’équipe...)
- La mise en place de l’EID avec une formation insuffisante
Toutes ces situations locales dégradées sont anxiogènes. Elles sont en plus renforcées par l’absence de textes officiels attestant notre habilitation à contrôler les pièces d’identités des D.E lors de l’EID, et à radier des demandeurs d’emploi suite à une absence à un rendez vous téléphonique.