La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Le transfert du recouvrement de Pôle emploi aux Urssaf fait des dégats collatéraux
La Voix du Nord (édition de Roubaix) 22 janvier 2011
« On n'est pas habitués », concèdent les onze salariés qui ont débuté leur mouvement lundi.
Filiale d'Océ, groupe spécialisé dans la reprographie, Océ Business Services est depuis huit ans sous-traitant de Pôle Emploi dans la gestion de déclarations et de paiements de cotisations patronales pour six grandes régions françaises. Une activité qui doit être reprise par l'URSSAF. Si ce changement est prévu depuis 2008, « on n'a pas de nouvelle de notre direction sur l'avenir », s'indigne le personnel. Or, les salariés de Océ n'ont que ce client. Le contrat s'achevant dans trois semaines, ils risquent de perdre leur emploi, faute de nouveau marché « à cause de l'incompétence des commerciaux ».
A Wasquehal, on avait tenté d'alerter la direction sur la nécessité de trouver des solutions. « Il y a neuf mois, ils disaient qu'on avait encore largement le temps. » Redoutant un plan social, 11 des 13 employés ont décidé de se mettre en grève. Le courrier des entreprises s'accumule. « On est prêts à reprendre le travail si on nous donne des assurances sur la pérennité de l'emploi ici », assurent les grévistes.
Le problème, c'est qu'en dépit de la fin de cette activité, près de la moitié des salariés ont été embauchés en CDI il y a un peu plus d'un an. Ils se sont engagés sur des prêts et craignent les pires difficultés en cas de licenciement. La direction quant à elle parle vis-à-vis de cette grève d'« un mouvement qui nous paraît d'autant plus injustifié que la fermeture du site n'est pas décidée, pas plus que la mise en oeuvre de licenciements. Bien au contraire, nous poursuivons nos discussions avec notre client actuel et nous demeurons à la recherche d'autres activités, de façon autonome ou avec des partenaires ». Elle espère « une activité pérenne » et un maintien durable de l'emploi. Pour les salariés, les inquiétudes s'appuient aussi sur le récent rachat de leur groupe par Canon. Le rapprochement s'accompagnerait-il du désengagement dans cette activité lointaine du coeur de métier ? C'est une question que les grévistes se posent. « On essaye de nous laisser mourir. »