La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Une nuit sous la tente devant la porte du Pôle emploi de Hirson
La Voix du Nord 12 juin 2011
« Je ne touche rien depuis six mois ! C'est intolérable puisque j'ai travaillé ». ...
Jérôme Desson est en colère et l'a fait savoir en employant la manière forte. Au sortir d'un entretien, tenu au Pôle Emploi, antenne d'Hirson, cet habitant âgé de 37 ans a décidé, mercredi, à partir de 16 heures, de planter sa tente au pied de l'agence afin d'exprimer ce noeud de révolte qui lui noue l'estomac.
Objectif clairement affiché de ce mouvement de protestation spontanée : obtenir le déblocage de son dossier. M. Desson, c'est un demandeur d'emploi sans revenus, qui a des fins de mois difficiles et qui a une épée de Damoclès au-dessus de la tête puisqu'il risque l'expulsion de son logement pour non paiement des loyers.
« J'ai travaillé dans le milieu du spectacle. J'ai perçu des cachets un peu comme un intermittent du spectacle sans en avoir le statut toutefois », indique-t-il. Et de poursuivre : « J'ai toujours déclaré mensuellement les revenus perçus pour cette activité. Et à Pôle emploi, on m'a dit que je n'avais droit à rien. Moralité, il ne fallait pas travailler ».
Après avoir participé, avec enthousiasme, à une formation mise place par la municipalité, en partenariat avec le conseil général, qui avait pour thème « Les métiers du spectacle », M. Desson a oeuvré à la régie ou au son et lumière des spectacles programmés dans le cadre de la saison culturelle Les Transfrontalières.
C'est un travailleur de l'ombre connu et les artistes qui entrent dans la lumière, au final, lui adressent de chaleureux remerciements pour les heures réalisées, en coulisses. Pas question toutefois pour cet homme en colère de faire du misérabilisme.
« Je ne rêve pas du RSA. Mais je suis dans un vide administratif quasi-kafkaien. Si je n'avais pas travaillé, mon droit au RSA serait ouvert automatiquement », confie l'Hirsonnais.
Déterminé, le bras levé et le verbe rageur, M. Desson a donc passé la nuit sous la tente.
Le lendemain matin, à l'ouverture des bureaux de Pôle Emploi, un agent, après coup de téléphone donné, est venu lui annoncer que son dossier était en passe d'être débloqué. Apaisé, il a replissé sa tente sur le coup des 10 heures.
• GILLES BACLET (CLP)