La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
XB a Lunéville: "Je veux changer les choses à Pôle emploi"
Photo: XB dialogue avec les manifestants de Lunéville
Pas question de rester derrière un bureau ! Xavier Bertrand l’a assez dit, c’est le terrain qu’il aime. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité a passé son après-midi à Lunéville, avec ses multiples casquettes. Emploi et travail étaient au cœur d’une réunion au Pôle emploi. Puis il a joué la carte santé pour aller ensuite inaugurer le nouvel hôpital. Enfin nouveau… L’établissement fonctionne depuis août.
Aux deux endroits, les manifestants l’attendaient. Xavier Bertrand est allé les rencontrer avant sa réunion à Pôle emploi. « Je veux changer les choses à Pôle emploi », a-t-il expliqué aux manifestants, sans vouloir leur en dire plus, « sinon, vos leaders nationaux vont me tomber dessus ». Dans la salle, l’ambiance est studieuse. Le ministre veut voir sur quelles priorités travailler pour baisser le chômage. « Les élections sont loin, ce qui compte, c’est que des familles retrouvent un salaire », martèle Xavier Bertrand.
Sous la direction d’un sous-préfet véritable chef d’orchestre, chacun a préparé son intervention. Les chiffres du Lunévillois (le « Culois », dit même un participant) parlent d’eux-mêmes : un taux de chômage de 10,5 %, des jeunes non formés, sans permis, une mobilité difficile dans un territoire important, des offres d’emplois qui reposent sur des boulots saisonniers, une forte proportion de chômeurs de longue durée. « Ce sont plutôt les seniors qui sont concernés », remarque avec insistance le ministre. Non, non, s’oppose Philippe Provins, le délégué territorial du conseil régional, ce sont bien des jeunes, qui, par manque de formation, ne trouvent pas de travail.
Xavier Bertrand enregistre. Il veut des initiatives, il en a. Aucun élu de gauche n’entre dans la polémique. Chacun se veut constructif. Le représentant des entreprises discute avec la vice-présidente du conseil régional ? Très bien ! Xavier Bertrand veut du dialogue. C’est à ça que doit servir ce service public de l’emploi local : dia-lo-guer.
Il annonce aussi plus de décentralisation : les formations seront attribuées d’ici à la fin de l’année directement au niveau du pôle, et non plus au niveau régional. « On ne peut pas attendre des semaines une formation de quelques jours, quand elle est nécessaire à une embauche. » Xavier Bertrand était venu parler métiers en tension parce qu’ils sont nombreux dans ce cas en Lorraine, notamment les métiers de la santé. « Je sais qu’il y a des problèmes avec les pays transfrontaliers, ici comme en Haute-Savoie », explique-t-il. « Je vais mettre en place une mission particulière sur le transfrontalier pour réfléchir à ce problème. » Le ministre prend encore note d’une auto-école sociale sur laquelle il veut un topo. « Je veux du pratiquo-pratique, ajoute-t-il. Je pense qu’on n’a pas tout essayé. » Le 29 mai, il réunit de nouveau les sous-préfets pour parler de ce qui peut-être fait pour le service public de l’emploi. Celui de Lunéville est prévenu : il interviendra lors de cette réunion.
Julien BÉNÉTEAU.