Si au moins un syndicat signe, les règles d'indemnisation de l'assurance-chômage devraient changer à compter du 1er janvier 2009. Au terme de longues heures de négociations, le patronat a soumis aux cinq confédérations (CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC), mercredi 24 décembre à 2 heures du matin, le texte d'une nouvelle convention d'assurance-chômage.
Baisse des cotisations chômage. Elle est programmée mais n'interviendra pas immédiatement, contrairement à ce que souhaitait au départ la présidente du Medef. La première baisse interviendra le 1er juillet 2009. Elle ne pourra dépasser 0,5 point et ne sera déclenchée que si l'Unedic dégage, dans son résultat d'exploitation, un excédent d'au moins 500 millions d'euros par semestre. A partir de ce seuil, tout l'excédent, converti en pourcentage, "viendra réduire les contributions du semestre au prorata de la part employeur et de la part salarié". En 2008, l'excédent attendu est estimé à 4,5 milliards d'euros. Il devrait être plus faible en 2009 en raison de la dégradation de la situation économique.
Cette baisse de la cotisation chômage est liée à l'augmentation de la cotisation retraite voulue par le gouvernement. Celle-ci augmentera de 0,3 % en 2009, mais pas avant la fin du premier semestre.
Conditions d'indemnisation. Les quatre filières actuelles sont remplacées par une filière "unique" avec de nouvelles règles d'indemnisation. La durée d'affiliation ouvrant droit à l'indemnisation est réduite à 4 mois sur une période de référence portée à 28 mois. Si le chômeur retrouve un emploi, il devra alors avoir travaillé 6 mois sur une période de 12 mois pour pouvoir de nouveau bénéficier d'une indemnisation.
La durée d'indemnisation se fera sur la base "d'un jour cotisé = un jour indemnisé". La durée maximale sera de 24 mois. Soit un mois de plus que dans le système actuel. Les plus de 50 ans qui disposaient d'une filière spécifique avec 36 mois d'indemnisation possibles gardent cette durée à condition d'avoir travaillé 36 mois.
L'ensemble de ces mesures permettraient, selon les calculs de l'Unedic, de faire entrer dans l'indemnisation entre 70 000 à 98 000 demandeurs d'emploi en plus. Le Medef et la CFDT, eux, évoquent les chiffres de 200 000 à 300 000 chômeurs en plus indemnisés. Le surcoût de ces nouvelles règles serait, toujours selon l'Unedic, de 270 millions d'euros.
Mesures pour les jeunes. L'article 3, qui prévoyait une "prime forfaitaire pour les jeunes de moins de 25 ans" de 300 euros, a été supprimé dans l'ultime version du projet d'accord. Le patronat estime que les jeunes seront déjà les premiers bénéficiaires de l'assouplissement des règles d'entrée dans le système.
Chômage saisonnier. Les dispositions qui pénalisaient les salariés saisonniers dans la dernière convention de l'assurance-chômage de janvier 2006 sont abrogées. Le seuil des trois saisons au terme desquelles il ne pouvait plus bénéficier de l'assurance-chômage est supprimé.
Convention de reclassement personnalisé (CRP). Ce dispositif, créé en 2005 par les partenaires sociaux, est destiné aux salariés victimes de licenciements économiques dans les entreprises de moins de 1 000 salariés. Il leur permet de bénéficier, pendant un an, d'un accompagnement renforcé et d'un reclassement personnalisé, avec un régime d'indemnisation plus favorable. Le chef de l'Etat avait demandé aux partenaires sociaux de définir de nouvelles règles, plus favorables. L' indemnisation sera maintenue à 80 % du salaire brut antérieur, mais durant les huit premiers mois au lieu de trois dans l'ancienne version de la CRP. Elle sera ensuite de 70 % durant les quatre mois restant. Ces nouvelles dispositions entreront en vigueur à partir du 1er janvier 2009.
Si elle est signée, la nouvelle convention d'assurance-chômage sera valable pour une période de deux ans, au lieu de trois généralement. Elle devra être agréée par l'Etat.
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" Seule la CGT a laissé entendre qu'elle ne parapherait pas le texte. "Les salariés et les chômeurs ne peuvent trouver leur compte dans ce texte a minima, a estimé Maurad Rabhi , et nous payons l'obstination du patronat à vouloir à tout prix baisser les cotisations chômage." Confrontés à la crise et à la remontée du chômage, les syndicats ne veulent pas, et ne peuvent pas, abandonner au gouvernement la gestion de ce dossier. Attachés au paritarisme, dont l'Unédic reste une des survivances avec la formation professionnelle, ils doivent montrer leur volonté et leur utilité dans la lutte contre les effets sociaux de la crise.