La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

PÔLE EMPLOI. Catherine Guilbaudeau prend les commandes de la nouvelle structure
(Journal SUD OUEST du 16 février, édition du Gers)
Officiellement, les opérations de déminage sont terminées. La fusion entre l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) et les associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assedic) est effective depuis le 1er janvier.
En coulisse, pourtant, la directrice fraîchement promue du premier Pôle emploi Gers-Hautes-Pyrénées a déjà chaussé ses bottes de sept lieues. Réunion ministérielle, visites des réseaux de placement et d'indemnisation au pas de course... moins d'une semaine après son retour en métropole, l'ancienne directrice de l'ANPE Martinique, Catherine Guilbaudeau, a pris la température... et donné le ton : « La structure évolue mais les valeurs sont les mêmes ».
« Solidarité, équité de traitement des demandeurs d'emploi » et efficacité ; le Pôle emploi est « une entreprise », une vraie. « Nous assumons d'autant plus que nous sommes là pour donner satisfaction à nos clients », assure Catherine Guilbaudeau.
Patchwork administratif
Recrutée par sa hiérarchie sur la foi d'un parcours sans faute déjà long de dix-sept ans - animatrice ANPE en Vendée, responsable qualité régionale ANPE Guadeloupe, directrice du réseau martiniquais - Catherine Guilbaudeau a les coudées franches pour transformer un patchwork administratif en dentelle de Calais.
« L'idée, c'est de coller le plus possible au terrain avec des outils efficaces. » Des outils numériques, accessibles à tous. « On ne va pas demander à quelqu'un de faire 80 km pour venir apporter un certificat. On va développer l'usage de la plateforme d'offres en ligne. » Et, à l'autre bout du spectre, des ficelles marketing suffisamment flexibles pour harponner les gros poissons de l'économie locale. « Les employeurs doivent nous connaître et nous faire confiance. »
Susceptibilités
Des chantiers herculéens, certes. Mais sur fond de routine ou presque pour cette déjà experte du guichet unique martiniquais : « Là-bas, les Assedic et l'ANPE ne font plus qu'un, indique la directrice du Pôle emploi, cette première expérience m'aide à garder une sérénité face à ma nouvelle mission ». Les subtilités des réseaux, la distance à gérer entre son quartier général basé à Tarbes et les antennes gersoises (Auch, Condom, L'isle-Jourdain) ? Pas de quoi se faire du mauvais sang. Celle qui n'a pas la réputation d'être le perdreau de l'année affiche un flegme et une décontraction tout martiniquais : « Autour de moi, j'ai un adjoint établi en permanence à Auch et des directeurs de réseau qui tiennent bon la barre », rassure Catherine Guilbaudeau.
Autant d'ancrages locaux indispensables pour parachever la fusion : Catherine Guilbaudeau doit encore trouver le berceau définitif du Pôle emploi auscitain - déménagement annoncé pour septembre - pour y loger ses 37 bonnes fées qui, devront cohabiter ensemble pour de bon. Et là, pas vraiment de baguette magique : « Comme partout, il y a des susceptibilités ». Charge à la manager d'être d'abord un bon démineur.
