La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Trader à Londres, chômeur à 6 000 euros par mois à Paris
Après avoir empoché des gains faramineux à la Bourse de Londres, des traders français se feraient grassement payer par les... Assedic. Déjà évoqué en septembre 2008 par Le Point et par Le Canard enchaîné, le sujet vient de resurgir à l'initiative du député (PS) des Landes, Alain Vidalies. Dans une question écrite déposée le 16 février, il attire l'attention de la ministre de l'économie, Christine Lagarde , sur ces financiers expatriés qui ont perdu leur emploi à la City ou dans une autre place européenne.
Pour obtenir l'assurance-chômage, une fois rentrés en France, il leur suffit de signer un contrat de travail d'une durée "comprise entre un et vingt-huit jours". Ainsi, ils peuvent toucher une indemnisation susceptible d'atteindre, au maximum, 6 366,80 euros par mois, alors qu'ils n'ont quasiment jamais cotisé aux Assedic. "C'est extrêmement choquant", confie M. Vidalies, qui se dit partisan de limiter ces droits pour les traders.
Les pratiques décrites par le parlementaire sont possibles, indique-t-on au Pôle emploi, la nouvelle entité issue de la fusion de l'ANPE et des Assedic. Elles découlent d'un règlement européen de 1971 qui vise à favoriser la mobilité des travailleurs au sein du vieux continent.
"ARCHI-RÉSIDUEL"
Mais pour toucher l'indemnisation maximale, la rémunération d'origine doit avoisiner les 20 000 euros par mois, souligne-t-on au Pôle emploi.
Surtout, le phénomène est très limité, pour l'heure. En septembre 2008, l'Unedic avait recensé les anciens expatriés affiliés à l'assurance-chômage qui avaient travaillé dans un pays européen et qui affichaient le plus haut "salaire de référence" (c'est-à-dire la rémunération servant à fixer le montant de l'allocation) : sur les neuf premiers mois de l'année dernière, il y en avait vingt-quatre qui se situaient au-dessus de 6 000 euros par mois (dont quatre revenaient d'Angleterre) sans que l'on sache s'ils avaient été traders ou pas, explique-t-on au Pôle emploi.
Du 1er novembre à la fin décembre 2008, l'Unedic en avait dénombré 14. "C'est archi-résiduel", commente-t-on dans l'entourage de Mme Lagarde.