La désertification du monde rural s’étend. Cette fois, ce sont les agents ANPE qui abandonnent le sud-ouest de l’Essonne. En effet, depuis lundi dernier, le point relais ANPE de La Ferté-Alais, dont dépendent 27 communes rurales, ne prend plus de dossiers. Les nouveaux demandeurs d’emploi sont dirigés vers Corbeil-Essonnes ou Etampes (voir infigraphie). Le point relais se contentera d’assurer le suivi des anciens inscrits 1 100 personnes actuellement jusqu’à sa disparition prévue entre avril et juin.
Cette fermeture couvait depuis 2006. Mais depuis quelques mois, la structure tournait au ralenti, une moitié de la douzaine d’agents ayant déjà été réaffectée sur d’autres sites. Effective depuis le 1 e r janvier, la fusion ANPE-Assedic sous le terme Pôle emploi a scellé le sort de la structure. Cette réforme impose le regroupement, sur un même lieu, des agents chargés du calcul des indemnités (ex-Assedic) et de ceux favorisant la recherche d’emploi (ex-ANPE).
Trop peu de demandeurs d’emploi dans le secteur selon un responsable
Deux options étaient donc possibles : envoyer du personnel Assedic à La Ferté ou… supprimer le point relais. « Un site de plein exercice, c’est au minimum une quinzaine de personnes. La population de demandeurs d’emploi est trop réduite sur le secteur pour mobiliser autant de monde », assure Bruno Poirier, le directeur régional délégué pour le Sud-Est francilien. Pour lui, il ne s’agissait pas de faire des économies mais plutôt d’améliorer le service. « Les usagers disposeront désormais d’un lieu unique pour faire leur inscription et être suivis. »
« On crée un no man’s land dans le sud du département. Ici, les moyens de transport sont difficiles et on va obliger les demandeurs à venir tous les mois à Corbeil, voire tous les quinze jours puisque le gouvernement veut renforcer le suivi, attaque Isabelle Rajaonarivelo, déléguée SNU-FSU. On est en train de supprimer un service de proximité qui crée du lien social. »
Les élus réfléchissent à une riposte. Informé le 14 janvier dernier, Christian Karrer, le maire DVG de La Ferté-Alais, « s’étonne de cette fermeture brutale » annoncée « sans concertation ». « Ce point relais était une vraie réponse à un vrai besoin », insiste l’édile, qui a alerté l’Union des maires de l’Essonne (UME). « L’Union entend s’interposer, comme à chaque fois qu’on retire des services publics en zone rurale », prévient son président, Laurent Béteille (UMP). Il peut compter sur le soutien de Franck Marlin. Le député-maire UMP d’Etampes pointe les problèmes de transport et s’inquiète du recul des services publics… Il a sollicité l’intervention du gouvernement.