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La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

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Tour de France des ex-paires: étape champenoise

Baptême du feu pour Pôle Emploi

Par Marie Huret, publié le 25/02/2009 dans L'Express.fr


 
Au Pôle Emploi de Clairmarais, dasn el centre de Reims, les agents suivent jusqu'à 150 dossiers par mois.

JPGuilloteau/L'Express

Au Pôle Emploi de Clairmarais, dans le centre de Reims, les agents suivent jusqu'à 150 dossiers par mois.


L'ANPE et les Assedic ont fusionné pour simplifier la vie des chômeurs. Dont l'afflux, avec la crise, complique l'opération. Reportage à Reims, où le rodage est acrobatique.

Il garde ses mains dans les poches et observe le téléphone accroché au mur.

Objectifs 2009

Le déploiement du Pôle emploi continue partout en France : dans les prochaines semaines, 30 % des agences ANPE ou Assedic auront été transformées en sites mixtes, sur le modèle de Reims. Notamment Meaux, Saint-Lô et Nice Nord. L'objectif final - 950 sites mixtes - devrait être atteint d'ici à septembre 2009.

La dame brune de l'accueil vient de lui dire d'appeler le 3949 pour prendre rendez-vous avec un conseiller. A 50 ans, Francis, sans diplôme, regard délavé comme son jean, ne comprend rien au mode d'emploi affiché sur la cabine. « Je viens à l'ANPE pour téléphoner à l'ANPE, c'est un comble ! » lâche-t-il. Le moustachu repart sans s'être inscrit.

La file d'attente s'allonge à l'accueil. Une femme, titulaire du RMI, ne « partira pas d'ici » avant d'avoir été reçue. Ici, c'est le Pôle emploi, le guichet unique de Clairmarais, dans le centre de Reims (Marne), où s'inscrivent les chômeurs, plutôt les clients, comme on les appelle depuis la fusion. Il figure parmi les sites expérimentaux où a démarré, il y a quatre mois, le regroupement ANPE-Assedic, alors qu'il n'est généralisé que depuis janvier (voir ci-contre).

Les bureaux s'alignent du n° 1 au n° 16 dans le grand hall lumineux. Entre les box, des fenêtres permettent aux agents de se parler. Au total, ils sont 37 - 30 ex-ANPE et 7 ex-Assedic - à suivre plus de 200 chômeurs les jours de pic. Et, avec la crise, le pic, c'est presque tous les jours.

A Reims, on travaille chez Arcelor-Mittal, dans les hypermarchés Cora, le laboratoire Boehringer... En un an, le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 13,5 %, atteignant 10 792 personnes indemnisées sur le bassin à la fin de 2008. Un baptême du feu pour le site de Clairmarais qui doit absorber un flot d'intérimaires : « Cela n'était pas prévu, mais nous n'avons pas le droit de dire aux gens : "Désolé, nous sommes en rodage", explique le directeur de ce Pôle emploi, Philippe Amelot. Il faut faire le job. »

« On travaille sans filet »

Un peu nerveuse, Jenny, 26 ans, tripote ses bagues. La jeune secrétaire vient d'être licenciée d'un cabinet en gestion du patrimoine. Une conseillère la reçoit pour son indemnisation. Puis Jenny passe discuter à côté de son CV. Oui, elle a une voiture, oui, elle accepte le Smic. « Je ne fais pas la difficile », dit-elle à la conseillère attentive. Pour l'instant, faute de formation, chaque agent garde sa spécialité : l'Assedic indemnise, l'ANPE s'occupe du placement. L'objectif qui promet au chômeur plus d'efficacité - un seul référent s'occupant à la fois des deux missions - ne sera atteint qu'après plusieurs mois de travail en commun.

Pas facile de s'approprier le métier de l'autre en si peu de temps. « Les chiffres, ce n'est pas mon truc, précise Nadia Delville, seize ans d'ANPE. Je n'ai jamais fait de comptabilité. Il faut tout digérer très vite ! » La formation - de trois à sept jours - se déroule jusqu'en juin. En attendant, on se débrouille entre collègues. « On travaille sans filet », gronde Gilles Thépenier, agent Assedic et élu FO.

Face au flux de nouveaux chômeurs, le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez, a promis de recruter des CDD pour renforcer le Pôle emploi. A Clairmarais, les agents suivent jusqu'à 150 dossiers par mois. La réforme prévoit que chaque portefeuille ne dépasse pas à terme la soixantaine.

Une grande blonde, Valérie, 42 ans, attend son tour avec son fils vêtu d'un anorak Spiderman. Elle l'élève seule avec 510 euros par mois. Le Pôle emploi ? C'est plus pratique : « Plus besoin de courir à deux endroits », dit-elle. Mais la fusion, Valérie s'en « fiche un peu » : elle veut juste du boulot.


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D
le retour de l'ATR est prévu dans la nouvelle offre de service, sous le nom de SI (service immédiat).<br /> Le bon sens voudrait que les outils multimédia et l'accueil physiques soient complémentaires, et non pas systématiquement opposés.<br /> Pour certains DE, l'accueil physique reste la solution de bon sens, pour d'autres Internet est la bonne voie. <br /> A nous de faire le "tri" avec intelligence suivant la situation et les capacités des uns et des autres. C'est toute la complexité de l'accueil de 1er niveau...
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D
le retour de l'ATR est prévu dans la nouvelle offre de service, sous le nom de SI (service immédiat).<br /> Le bon sens voudrait que les outils multimédia et l'accueil physiques soient complémentaires, et non pas systématiquement opposés.<br /> Pour certains DE, l'accueil physique reste la solution de bon sens, pour d'autres Internet est la bonne voie. <br /> A nous de faire le "tri" avec intelligence suivant la situation et les capacités des uns et des autres. C'est toute la complexité de l'accueil de 1er niveau...
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M
Belle retranscription de ce qui se passe sur nos sites. Surtout le coup du téléphone. Renvoyer un "client" vers le téléphone et que celui-ci se retrouve en communication avec un agent du site à 2 bureau de là, me laisse toujours pantois. Militons pour le retour de l'ATR.
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