La fusion entre l'ANPE et de l'Assédic est effective depuis le mois de janvier. Elle engendre dysfonctionnements et tension selon les syndicats. « Faux » rétorque la direction du Pôle emploi, « il n'y a pas de retard. Et les agents ont été formés ».
La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Ne les appelez plus ANPE et Assédic. Soyez moderne, dites : « Pôle emploi ». « Mariage à la hussarde », « mariage blanc », « mariage de la carpe et du lapin » : l'union ne fait pas forcément la force, ni l'unanimité. Surtout quand la crise sévit.
Effective depuis le début de l'année, la fusion des deux organismes chargés d'orienter et d'indemniser les demandeurs d'emploi a du mal à passer du côté des salariés du nouveau Pôle et des organisations de chômeurs.
Et le public peine à comprendre. « À quand un vrai site unique ? », s'interroge Gilles, qui cherche un emploi dans la vente. « Malgré la création du Pôle, je dois tout de même me rendre dans deux lieux différents. Au Port-Marchand pour l'Assédic, boulevard Clemenceau pour l'ANPE. »
« C'est vrai : les gens ne comprennent pas. On leur parle de fusion mais seuls deux sites uniques existent dans le département : à Brignoles et à La Valette », expliquent les salariés du Pôle.
Formation insuffisante
« Ils viennent en pensant que l'on pourra répondre à toutes leurs questions et ce n'est hélas pas le cas »,« Nous n'avons pas été suffisamment formés. Par exemple, les collègues de l'ANPE pour apprendre le travail accompli par les agents de l'Assédic ont eu droit à trois jours de théorie et quatre jours en immersion. C'est nettement insuffisant ! » regrette-t-on au syndicat FO.
« Le gouvernement a voulu à tout prix marier les deux organismes, cela a été fait à la hussarde et dans la précipitation la plus complète, déplore Georgette Gianola, secrétaire générale CGT du Pôle emploi Paca. Le volet indemnisation notamment a été plus ou moins oublié. Cela a généré une profonde déstabilisation des personnels et beaucoup de dysfonctionnements. »
Antidépresseurs
Selon la responsable syndicale, 9 500 dossiers d'ouverture de droits souffrent actuellement de retard dans la Région. « Cela signifie qu'au bout, il y a des gens qui galèrent, qui ne peuvent pas payer leurs factures. »
Et la tension monte. Pour ne pas dire l'agressivité. « Nous voyons de plus en plus de demandeurs d'emploi. Nous n'avons même pas assez de place pour les recevoir. Les conditions de travail se dégradent », confirme FO.
« J'ai de plus en plus de mal à faire mon métier de conseillère. Des collègues s'effondrent, d'autres sont sous antidépresseurs. En face de nous, nous avons des personnes souvent en grande détresse et nous n'avons plus assez de temps à leur consacrer. C'est difficile à vivre », confie une employée au bout du rouleau.