La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
PÔLE EMPLOI DE LA ROCHELLE
(SUD OUEST du 14 avril 2009)
Alors que la jeune structure diffuse une liste des pôles de recrutement, la hausse des tensions se ressent dans les agences.
Les tout premiers demandeurs d'emploi arrivent à l'ouverture de l'agence des Minimes, dès 8 h 30. Ils pourront être reçus jusqu'à 12 h 30 le mercredi, 15 heures le vendredi, 15 h 30 le reste de la semaine. Il est encore tôt, ces hommes et femmes de tous âges s'arment de patience avant de s'adresser à l'accueil.
La semaine dernière, trois mois après la fusion Anpe-Assedic, notre journal titrait « Les débuts ratés du Pôle emploi » après enquête dans la région Aquitaine. En pleine augmentation nationale du taux de chômage, l'exaspération des demandeurs d'emploi se fait aussi sentir en Poitou-Charentes et dans le département.
« En cinq jours »
« Nous observons clairement une hausse des tensions », assure Jean-Pierre Espagnet, conseiller au Pôle Emploi rochelais, syndiqué CFTC. « Menaces avec armes, par téléphone » - signalées par les employés aux services de gendarmerie si nécessaire -, parfois « une certaine appréhension » quand ils se retrouvent seuls en rendez-vous : la conjoncture n'est pas propice à la sérénité, c'est peu dire.
« Un climat ambiant qui n'est pas propre à Pôle Emploi », avance-t-on au siège, à Aytré. Les guichetiers de La Poste ou les employés de la Caisse d'allocations familiales ne sont effectivement pas en reste de cette agressivité. Un récent sondage indique par ailleurs que dans les banques, les incivilités ont augmenté de 20 % l'an dernier. « Dès qu'un outil informatique ne fonctionne pas, on ressent un violent agacement de la part de personnes qui sont souvent mal dans leur tête », confie-t-on encore à Rochefort. « Ils veulent une réponse immédiate. » Ce à quoi Dominique Morin, directeur régional de Pôle emploi, répond que 95 % des demandes sont satisfaites « en cinq jours ».
Le 39 49, numéro unique pour joindre les services, « se veut le plus efficace possible pour guider les appelants ». Et le premier rendez-vous avec un conseiller de l'ex-Assedic, suivi sur le même lieu d'une rencontre avec un conseiller de l'ex-Anpe, est de fait très rapide. Reste que c'est sur le suivi des demandeurs d'emploi que le bât blesse. « À partir du second rendez-vous, quatre mois après, on se retrouve avec un nombre de dossiers qui explose. Nous sommes obligés de les traiter par téléphone, si on veut s'en sortir, au lieu de recevoir les personnes. »
Portefeuille de 200
Dans une ville comme La Rochelle, 120 conseillers travaillent dans cinq agences. Alors qu'un portefeuille individuel « idéal » tourne autour de 70 demandeurs d'emploi, on arrive à 200 aujourd'hui selon bon nombre d'agents. « Difficile de recruter en fonction des vagues plus ou moins importantes de chômeurs. Des contrats à durée déterminée sont engagés pour nous aider », explique-t-on à Aytré.
Néanmoins, l'annonce fin mars d'un renfort d'effectifs par le chef de l'État, à Châtellerault, dans les Deux-Sèvres, après l'agression dramatique d'une employée de Pôle emploi, est la bienvenue. Une centaine de personnes - « seulement » selon la CGT, vu les départs en retraite - est annoncée dans la région, qui devrait être en place au mois de juin.