La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Mercredi 14 avril 09, nous nous sommes retrouvés une douzaine pour accompagner un allocataire au Pôle emploi de la porte d’Auteuil, dans le 16e. C’était auparavant l’ANPE "Carrières de l’immobilier", qui encadrait le retour à l’emploi des ouvriers d’entretien, concierges mais aussi des agents immobiliers.
Ne s’étant pas rendu à une convocation envoyée au moment où il avait changé d’adresse, et alors qu’il travaillait en missions d’interim, l’allocataire a été radié 6 mois auparavant, en novembre 2008. Notre objectif : faire annuler cette radiation et récupérer les sommes non perçues ainsi qu’un "indu" de 500 euros prélevé sur ses droits à allocation.
À notre arrivée, nous sommes rapidement reçus par la directrice de l’agence, non sans faire le tour des bureaux et des chômeurs présents. Le groupe se répartit dans le hall d’entrée et dans le bureau où ont lieu les explications pour régler l’affaire, pendant qu’une partie des présents fait le tour des locaux pour informer les agents de Pôle emploi et les chômeurs convoqués pour des "réunions d’informations collectives" ou en entretien.
L’accueil des agents de Pôle emploi est loin d’être hostile : pas d’obstructions aux prises de paroles pour la défense des droits collectifs ou à la diffusion de tracts, et des propos plutôt favorables : des salariés du Pôle pointent leurs difficultés à éviter convocations et radiations face à une direction qui a "le doigt sur la couture" et cherche, lors des nombreuses reprises d’emploi précaires, à nettoyer les fichiers. Certains disent que sans la mobilisation des chômeurs ils auront plus de mal encore à s’opposer à l’organisation du travail et à ses objectifs ; l’un exprime le souhait que nous restions la journée, puisqu’on est là.
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Dans le bureau de la directrice, ça patine un tantinet, les explications sont longues. Le numéro de demandeur d’emploi ne fonctionne pas, impossible d’ouvrir le dossier suite à son transfert dans le 93. Notre interlocutrice consulte le dossier sur un logiciel nommé DUDE (dossier unique du demandeur d’emploi) disponible pour les administrations où la vie du demandeur est étalée mais pas suffisamment pour régler la situation. La fusion rend les employés de Pôle emploi, cadres compris, peu compétents : « nouveaux sigles », « nouvelles structures », nouvelles embrouilles.
Dans le couloir, l’un deux nous donnera d’ailleurs un article de Liaisons sociales qui circule dans l’antenne parce qu’il fait le point sur la crise aux aspects multiples qui traverse l’institution, touchant ainsi directement ses 45 000 salariés (voir "Pôle emploi rate son démarrage": link)
Cette fusion place les agents aux avants postes de contradictions explosives.
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Le temps passé avec la directrice et les deux agents du Pôle qui la borde devant l’ordinateur s’allonge, un temps durant lequel les dires sont mis en doute, suspectés. L’explication dure encore, jusqu’à ce que la directrice comprenne que comme bon nombre d’inscrits ici, le demandeur d’emploi est également travailleur pauvre. Est-ce ce constat ou la magie de l’informatique qui a déclenché une recherche fructueuse sur l’écran ? Il n’empêche que le dossier a été retrouvé peu après. La date de radiation apparaît enfin.
La responsable pinaille encore sur quelques détails mais la solution se dégage. Elle écrit un courrier décrivant le cours des événements qui ordonne la réinscription rétroactive à dater de la radiation, le 12 novembre dernier, puis le faxe avec tous les documents au Pôle emploi dont dépend actuellement ce précaire et qui doit de ce fait restituer ses droits à l’allocataire. Une réclamation d’indu de 300e, un récupération d’indu de 500 e et 2 mois d’allocations à 800 euros sont ainsi supprimés.
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Des chômeurs, intermittents et précaires
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