La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
(vendredi 19.06.2009, - La Voix du Nord)
Dans la région, près de 8 % des agents de Pôle emploi ont, selon la direction, cessé le travail hier et trois sites ont été fermés dans le cadre de l'appel à la grève lancé par trois syndicats (SNU-FSU, CGT, SUD Emploi) de Pôle emploi.
Ils craquent. Surchargés, pas assez formés pour répondre aux nouvelles missions qui leur sont dévolues depuis la naissance le 1e r janvier de Pôle emploi (né de la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC), les agents saturent. D'autant qu'ils doivent faire face à une brutale augmentation du chômage et à une diminution des offres d'emploi : la crise économique.
Résultat, nombre des 2 867 agents de la région se disent de plus en plus malmenés par des chômeurs furieux d'être mal renseignés ou de devoir poireauter des semaines avant de toucher leurs indemnités. « Il y a un ras-le-bol terrible », résume Sabine Landrevie, secrétaire régionale du SNU-FSU pour Pôle emploi.
Hier, rassemblés à la direction régionale de Marcq-en-Baroeul, une vingtaine d'agents en grève ont évoqué cette détérioration des conditions de travail, dénonçant le travail d'auxiliaire de police imposé (1) et revendiquant (hausse des salaires, plafonnement de portefeuilles de suivi à soixante demandeurs d'emploi, renforcement des effectifs...).
Avec 7,8 % de grévistes selon la direction et trois sites fermés (Tourcoing, Seclin et Villeneuve-d'Ascq), la mobilisation a été moindre que sur le plan national (14 %). « Bien sûr, on s'attendait à mieux, mais les gens sont résignés face à la masse de choses à faire actuellement », a motivé Mme Landrevie. Quant à la direction, elle n'a pas souhaité s'exprimer. •
NICOLAS FAUCON
1. - Les agents ont indiqué lors de l'inscription d'un chômeur devoir faire passer, sans avertir ce dernier, sa carte d'identité à une lampe de détection UV. En cas de doute sur la validité du papier, l'agent doit prévenir les services de la préfecture. « Ce n'est pas le travail de Pôle emploi que de contribuer à remplir les charters », s'indigne la CGT dans un tract.