La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

Déja bien affaibli, le Pôle emploi menacé par le virus H1N1
Le Point dévoile, dans son édition du 26/08/2009, comment les grandes entreprises, dont le Pôle emploi, prévoient de faire face à l'absentéisme qui pourrait résulter de la pandémie de grippe A
Grippe A : le plan B des entreprises
EN 149 FFP2". Ce nom barbare n'est pas un code secret, mais la référence des masques de protection respiratoire jetables que chacun pourrait porter en cas de pandémie de grippe A en France. Sur le pied de guerre, les grandes sociétés amassent dans des lieux - souvent - gardés secrets des stocks de masques FFP2 et/ou des masques antiprojections de type chirurgical, réservés aux personnes malades.
La SNCF possède déjà 8 millions de masques, permettant ainsi de tenir 120 jours au rythme de trois par jour et par personne. À Aéroports de Paris , 400.000 masques sont stockés. À France Télévisions , 200.000 attendent dans des cartons. Le distributeur Carrefour a sous la main un stock de masques - dont la quantité n'est pas connue - prêt à être livré en 24 heures dans tous ses magasins.
La commande de masques est l'une des mesures phares du plan de continuité d'activité (PCA) que les entreprises sont invitées à mettre en place par les pouvoirs publics. Objectifs annoncés : protéger les salariés et limiter l'impact d'une éventuelle pandémie du virus sur leur activité. Et pour cause : certains scénarios envisagent des taux d'absentéisme pouvant aller jusqu'à 40 %. Une étude de la Banque mondiale évalue même à 3.000 milliards de dollars le coût d'une pandémie ayant une gravité similaire à la grippe espagnole de 1918.
Éventuelle fermeture de stations de métro
La plupart des sociétés n'ont pas été prises au dépourvu. Elles ont réactivé le PCA élaboré lors de la grippe aviaire, en 2007. Carrefour a diffusé à ses directeurs de magasins des plans d'action pour faire face à une situation pandémique. Les fonctions-clés ont été ciblées pour continuer à alimenter les supermarchés en nourriture. En cas de fort absentéisme, les produits seraient juste exposés sur des palettes, comme chez les hard-discounters.
À Total , la mobilisation est tous azimuts : l'ensemble des filiales et des partenaires sont invités à prévoir la continuité de l'activité. La compagnie pétrolière a installé un comité composé de médecins chargés de faire l'interface entre la direction générale du groupe et les autorités sanitaires et administratives. De son côté, Capgemini prévoit un développement du télétravail et des vidéoconférences en donnant l'accès au réseau informatique via l'extérieur. "Time is money" oblige, des suppléants vont être désignés auprès de chaque manager pour assurer le maintien de toutes les opérations importantes, comme la signature de contrats.
À la RATP , des dispositions sont prévues en cas de manque de personnel. Les lignes (Paris-IDF) prioritaires à maintenir ont été fixées, mais elles restent confidentielles. Les personnes pouvant occuper des tâches supplémentaires à leur poste ont été recensées. Des décisions - prises au niveau des pouvoirs publics - pourraient aller jusqu'à "l'arrêt du métro sur une durée limitée", ou, selon les foyers infectieux, jusqu'à "la fermeture de certaines stations".
Discrétion
Empêtré dans la fusion de l'ANPE et des Assedic, Pôle emploi est aussi sur le qui-vive. En cas de forte baisse d'effectifs, des "actions critiques comme l'inscription, l'indemnisation et la gestion des offres de crise" seront privilégiées. Tablant sur des troubles au sein des entreprises, Pôle emploi prévoit que le paiement des contributions d'assurance chômage "pourra être perturbé" et qu'il "pourra y avoir un déséquilibre financier entre le recouvrement et les liquidations". La fermeture des agences aux chômeurs est aussi prévue, selon les cas de contamination.
Côté audiovisuel, Radio France et France Télévision sont prêtes à réagir. En cas de pandémie et si le ministère de la Santé décide de fermer toutes les écoles, elles seraient au coeur du dispositif d'urgence. France Culture et France 5 permettraient aux élèves de continuer à étudier en diffusant des programmes scolaires du CP à la Terminale.
D'autres se préparent en toute discrétion même si elles se disent "prêtes". La SNCF précise juste que les contrôleurs et les agents présents dans les gares seront tenus de porter en priorité les huit millions de masques si l'épidémie gagne du terrain. Même retenue à Air France ou à La Poste , qui soulignent que la réorganisation des centres de tri et de la distribution du courrier se fera au cas par cas, si besoin. Certaines entreprises, agacées, dénoncent un "catastrophisme" ambiant. "On parle seulement des mesures extrêmes alors qu'il est probable qu'elles ne soient même pas appliquées ! La France reste pour l'heure en phase 5b du plan national de pandémie grippale", se borne-t-on à rappeler dans plusieurs services de communication.