La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Lolo et Kiki font une répétition avant leur première à BercyIl y a plusieurs signes encourageants. D'abord, on est très loin des 60.000 à 90.000 chômeurs supplémentaires par mois de la première partie de l'année. En outre, le chômage des jeunes baisse pour la deuxième fois et il n'y a pas d'explosion des licenciements économiques. La politique voulue par le président de la République a permis d'amortir l'impact de cette crise de l'emploi, la plus importante de l'après-guerre. Mais il n'est pas question de ralentir le rythme. L'économie n'a pas encore atteint un seuil qui permette de recréer des emplois. Il faut rester extrêmement prudent.
Beaucoup de choses vont se jouer dans les prochaines semaines. Nous allons veiller à ce qu'il n'y ait pas de panne du côté des contrats en alternance. Il n'est pas question qu'un jeune se voit refuser un contrat de professionnalisation pour des motifs financiers par les organismes collecteurs de la formation (OPCA). Il faut aussi simplifier la tâche des entreprises. Nous allons signer dans les prochains jours un accord avec les chambres de métier pour créer 100 postes de développeurs qui aideront les entreprises à monter leur projet. Ils s'ajouteront aux 100 postes déjà créés par les chambres de commerce et d'industrie. Nous allons aussi signer courant septembre des accords avec les régions mobilisant 250 millions d'euros pour l'apprentissage.
Au-delà de la crise, je constate que c'est la meilleure voie de formation des jeunes, celle qui facilite le plus leur insertion professionnelle. Nous allons engager dans l'année qui vient une réflexion sur plusieurs points : mettre en place un vrai dispositif d'apprentissage dans la fonction publique ; renforcer le statut de l'apprenti ; renforcer la place de l'alternance dans toutes les filières et à tous les niveaux. Il faut faire passer une vitesse supérieure à l'apprentissage dans notre pays. Le but, c'est que la France rejoigne dans les cinq ans les pays européens qui recourent le plus à l'alternance.
Avec Christine Lagarde, nous réunissons tous les acteurs concernés : c'est la première fois que nous associons les acteurs privés. C'est parce qu'il s'agit d'un travail en équipe, public avec privé, sans querelle de clocher. Notre politique de l'emploi repose sur quatre piliers : l'activité partielle, la baisse du coût du travail avec le dispositif « zéro charge » dans les TPE, le soutien à l'apprentissage et le renforcement de l'aide au reclassement des chômeurs. Notre travail pour la rentrée n'est pas d'imaginer d'autres outils. Mais il faut que sur le terrain les dispositifs montent en charge. Nous voulons vérifier que tous les acteurs sont prêts. Ma tâche est aussi d'assurer le contrôle qualité de la politique de l'emploi.
Le principe de la réforme est désormais incontesté. Qui voudrait aujourd'hui revenir au vieux système avec l'ANPE et les Assedic. Mais conduire leur fusion dans un tel contexte n'est pas facile. Les agents font un travail remarquable. Nous en sommes déjà à 300 sites mixtes, la cadence est bonne. A ce sujet, en période de vacances, quelques agences ont mis à profit la faible activité pour fermer et traiter les dossiers en stock. Mais soyons clairs, dès la rentrée, cela ne se reproduira pas. J'ai fixé par ailleurs des priorités pour la rentrée. La première étape est de revenir à un délai normal de traitement des dossiers, de deux à trois jours. Deuxième sujet : les relations avec les entreprises, qu'il faut relancer. Troisième sujet : la formation des chômeurs. D'ici à la fin de l'année, Pôle emploi doit être en capacité de mieux répondre aux besoins de formation des demandeurs d'emploi.
Le budget va augmenter de 1,6 milliard d'euros par rapport au projet de loi de Finances pour 2009. L'effort voulu par le Premier ministre est indéniable. Tout est fait pour financer des mesures amortissant le choc de la criseà une condition : qu'elles soient « débranchables » quand la reprise sera là. Il ne s'agit pas de générer un déficit structurel. Je souhaite que l'on étudie la prolongation de l'exonération totale de charges sur les embauches dans les entreprises de moins de 10 salariés en 2010. Nous devons continuer à donner ce signal aux employeurs tant que la sortie de crise n'est pas assurée. Cette mesure a déjà concerné 380.000 embauches. Les contrats aidés seront adaptés en fonction de la conjoncture. Enfin, la vraie rupture, c'est que nous tournons le dos à une gestion statistique du chômage en refusant le recours aux préretraites. L'accent est mis sur des mesures actives : le maintien dans l'emploi et le reclassement.
Un arrêté à paraître en septembre va relever le contingent annuel à 1.000 heures pour toutes les entreprises. Nous allons aussi transcrire rapidement l'accord des partenaires sociaux qui facilitera l'activité partielle dans de nouveaux secteurs tels que la distribution, en permettant une rotation des salariés.
Non, car elles donnent des résultats tangibles. Le taux de reconversion réussie, à savoir obtenir une solution durable (au moins six mois), se maintient entre 6 et 7 sur 10 pour les bénéficiaires d'un CTP. Nous allons passer de 21 à 25 bassins d'emploi bénéficiant du CTP dans les tout prochains jours.
Je souhaite que des expérimentations sur l'accompagnement soient menées rapidement dans certains bassins d'emploi. Nous nous donnons deux mois pour arrêter précisément le dispositif.
Dans l'ancienne formule, on comptait un conseiller pour quatre-vingts bénéficiaires, contre cinquante avec la nouvelle CRP. Et il y a désormais possibilité de mobiliser des formations. Plus de six licenciés économiques sur dix optent pour la CRP contre trois sur dix avant. Il s'agit vraiment d'un outil dynamique.
En termes d'emplois, c'est une mesure de justice. La restauration rapide, qui créer moins d'emplois, était à 5,5 % et la restauration sur place à 19,6 %. Je n'ai pas la TVA à 5,5 % honteuse. Nous percevons déjà une modification des comportements. Les intentions d'embauches des professionnels sont en hausse de 40 % et nous attendons 5.000 contrats d'apprentissage supplémentaires dès la fin de l'année sur les 20.000 promis.
PROPOS RECUEILLIS PAR LEÏLA DE COMARMOND ET ETIENNE LEFEBVRE