La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Les syndicats proposent un malus patronal sur les contrats précaires
Pas de révolution mais des ajustements. Les partenaires sociaux ouvrent aujourd'hui une renégociation de la convention Unedic (elle expire le 31 mars) placée sous le signe de la continuité. Comme l'a résumé Laurence Parisot (Medef) mardi dernier, la convention bâtie fin 2008, « qui avait une logique liée à la crise, doit pour l'essentiel rester telle qu'elle est ». Un prolongement de deux ans est envisagé. L'ampleur du chômage n'incite pas aux grands chantiers. N'en déplaise à la CGT, qui souhaite élargir l'accès à l'assurancechômage (dès deux mois travaillés) et allonger la prise en charge, ni les conditions d'affiliation ni les durées d'indemnisation (lire ci-contre) ne devraient beaucoup évoluer.
Les partenaires sociaux doivent déjà intégrer les chômeurs senior qui subiront le recul de 60 à 62 ans de l'âge de la retraite et, comme le rappelle Stéphane Lardy (FO), « la situation de l'Unedic réduit le champ des possibles ». Le déficit du régime devrait encore atteindre 1,8 milliard d'euros cette année, pour porter la dette à 11 milliards. Le recul du chômage resterait trop modéré pour retrouver une année excédentaire avant 2013. Dans ce contexte, une baisse immédiate des cotisations est exclue. Mais les discussions risquent de se tendre sur une clause obtenue par le patronat en 2008, qui prévoit une baisse des cotisations en cas d'excédent d'au moins 500 millions d'euros du résultat d'exploitation semestriel - ce qui arrivera dès 2013, selon l'Unedic. Les syndicats ne veulent pas reconduire cette mesure mais le Medef tient « à ce point de principe ». Les syndicats espèrent au moins conditionner cette baisse à l'évolution du déficit cumulé. Un compromis pourrait ouvrir la porte aux signatures de FO, de la CFTC et de la CGC, alors que l'actuelle convention n'avait été paraphée que par la CFDT. Pour augmenter les ressources, les syndicats vont remettre sur la table la création d'un malus sur les contrats précaires (cotisations patronales plus élevées). « La flexibilité doit se payer », résume la CGT. Elle prône des parts patronales différentes pour les CDI, les CDD ou les contrats d'intérim, tandis que la CFDT propose un système dégressif dans le temps.
Le débat sera a priori moins animé sur le niveau des indemnités chômage, avec un probable statu quo. Certains à l'UMP, tel Pierre Méhaignerie, préconisent de réduire les allocations versées aux cadres pour les rediriger vers l'accompagnement des jeunes chômeurs. Mais les syndicats l'excluent et ce discours n'a pas trouvé d'écho au sein du patronat comme du gouvernement.
La CFDT et la CFTC défendent un système de « droits rechargeables » permettant de garder des indemnités non utilisées pour une période de chômage ultérieure. « Cela encourage la reprise d'un emploi, même court », souligne Laurent Berger (CFDT). Le patronat est sceptique sur cette mesure, dont le coût est très dur à évaluer. Syndicats et patronat devront aussi aborder la fusion entre les CTP et les CRP (deux dispositifs d'aide aux licenciés économiques) voulue par Nicolas Sarkozy. Avec une priorité : tout faire pour que l'Etat n'en profite pas pour se décharger financièrement sur l'Unedic.