La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
L'enquête BMO donne une vision en trompe l'oeil des "emplois en tension"
Comment expliquer ce paradoxe: Les bassins d'emploi où les employeurs peinent à recruter sont aussi les plus touchés par le chômage ?
Dans la presse économique, le DR du Pôle emploi Nord-Pas de Calais reconnaît à demi-mots les limites d'un discours simpliste sur cette question.
14 avril 2011
Des « petits boulots » en veux-tu en voilà !
À temps partiel voire très partiel, en horaires fractionnés, saisonniers, précaires... Nombre de métiers où l'on cherche à recruter offrent peu de perspectives d'insertion professionnelle aux 323 000 chômeurs de la région.
Le chiffre de 74 235 projets de recrutement en 2011 est encourageant. C'est le verre à moitié plein. Mais voici le verre à moitié vide : « L'enquête de Pôle emploi ne descend pas dans le nombre d'heures », indique pudiquement Karim Khetib, son directeur régional. En clair, une entreprise qui indique avoir besoin d'un agent d'entretien cinq heures par semaine, par exemple, c'est « un projet de recrutement ». Mais ça n'est pas un travail qui permet de faire vivre une famille.
Le secteur de l'entretien, du ménage et de l'aide à domicile arrive en tête du palmarès des métiers où l'on recrute, avec 9 824 embauches possibles. Mais selon une enquête de l'INSEE de 2006, 75 % des aides à domicile sont à temps partiel. En moyenne, c'est un tiers-temps, souvent en horaires fractionnés.
Viennent ensuite les animateurs socioculturels : 3 799 projets d'embauche. Mais 72 % de ces projets sont saisonniers : un boulot de vacances pour étudiants.
Souvent saisonniers aussi, les métiers très demandés d'ouvriers agricoles (90 % de projets saisonniers), serveurs de café ou restaurants (47 %), télévendeurs (40 %)... Sans surprise, on retrouve ces métiers dans le palmarès de ceux où l'on peine à recruter. « Le chercheur d'emploi a besoin d'un certain revenu, il y a des postes qu'il ne peut pas accepter », reconnaît volontiers Karim Khetib.
Cette inadéquation entre l'offre de recrutement (peu attrayante) et la main-d'oeuvre (disponible mais pas à n'importe quel prix) se retrouve dans une statistique paradoxale de Pôle emploi. Les bassins où les employeurs peinent à recruter sont aussi les plus touchés par le chômage : Sambre-Avesnois, Lens, Roubaix-Tourcoing et Calais.
É. H.