La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Chômage: mieux vaut être un homme de moins de 25 ans qu'une femme de plus de 50 ans
Les Echos 24 mars 2011
Le froid, le chaud ; et maintenant le tiède. L'espoir suscité par la diminution en janvier du nombre de chômeurs, qui avait succédé à deux mois de forte hausse, laisse la place à un sentiment mitigé : le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé (catégorie A) a stagné en février. Selon les statistiques publiées hjeudi 24 mars par le ministère du Travail, il s'est établi à 2.701.100 en France métropolitaine, soit 2.100 de moins qu'en janvier. Soit une baisse de 0,1 % sur un mois et une hausse de 1,3 % sur un an. « Après les bons résultats enregistrés en janvier, ce deuxième mois consécutif de baisse globale du nombre de demandeurs d'emploi est encourageant », a réagi le ministre du Travail, Xavier Bertrand.
Une fois n'est pas coutume, lorsque l'on intègre aussi les personnes inscrites à Pôle emploi mais qui ont travaillé dans le mois et sont astreintes à des actes positifs de recherche d'emploi (catégories A, B, C), le nombre de chômeurs a aussi légèrement baissé (-4.500 en France métropolitaine, soit -0,1 % sur un mois et +4,1 % sur un an). Mais il semble maintenant durablement installé au dessus des 4 millions, à 4.040.000 en métropole et 4.301.300 DOM compris.
Les courbes d'évolution du chômage font apparaître que la France est entrée dans une phase de stabilisation. Mais pas encore de repli. Et ce, en dépit de l'amélioration de l'emploi qui semble se dessiner depuis le début de l'année selon les données de l'Acoss (qui chapeaute les Urssaf) sur les embauches des entreprises, ou encore du Prisme (patronat de l'intérim). Sur les deux premiers mois de 2011, l'emploi intérimaire aurait notamment progressé de 19 % par rapport à la même période de 2010, selon les évaluations de l'organisation professionnelle.
Cela explique sans doute au moins en partie le contraste marqué de l'évolution du chômage entre hommes et femmes en février : les hommes sont plus nombreux dans l'intérim, surtout dans l'industrie qui a bien re-démarré. Alors que le nombre de chômeurs a baissé de 0,6 % sur un mois et de 1,6 % sur un an, celui des chômeuses a progressé respectivement de 0,5 % et 4,7 %.
La divergence d'évolution est aussi très marquée entre jeunes et seniors : le nombre de demandeurs d'emploi de moins de 25 ans a encore baissé en février, de 1,1 % sur un mois et de 6,4 % sur un an en catégorie A, ce qui est encourageant. En revanche, celui des plus de 50 ans continue d'augmenter, de 1,4 % sur un mois et de... 13,5 % sur un an. Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A entre 25 et 49 ans a pour sa part stagné (-0,3 % et +0,2 %).
La progression du chômage des seniors est d'autant plus problématique qu'elle s'accompagne d'une diminution du « turn over » des inscrits à Pôle emploi. Le nombre de nouveaux venus baisse, ce qui est une bonne chose, mais celui des sorties aussi. Résultat : Pôle emploi observe à nouveau une progression du nombre de chômeurs de longue durée (inscrits depuis plus d'un an), à 1.525.400 en février (+0,3 % sur un mois et + 14,3 % sur un an). Petite lueur d'espoir : le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi depuis un à deux ans a décru de 0,9 % en février.
Les chiffres officiels:
Chiffres DARES-PE fevrier 2011