La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Message des agents du Pôle emploi de Caen-nord
Face à la détresse d’agents en danger et régulièrement menacés qui exercent leur droit de retrait, la direction menace son personnel et fait appel à un huissier.
« Ils nous ont laissés crever ». Ces mots terribles, nous les avons entendus pendant plusieurs jours à Pôle emploi Caen nord, accompagnés de commentaires déjà trop entendus, ici et ailleurs : « nous pensions pourtant avoir depuis longtemps touché le fond. » Le fond était encore à quelques encablures, il a été touché (pense-t-on), sans entrevoir pour le moment le moindre espoir d’une remontée vers la lumière.
Le fameux fond touché, c’est le quotidien de ce collectif de l’agglomération caennaise qui vient de passer plusieurs semaines avec au planning un seul agent issu de l’indemnisation et plusieurs jours sans un seul.
Et que l’on ne nous sorte pas l’alibi des congés ! Le manque cruel d’agents indemnisation (et placement) pour faire face à la charge de travail est consubstantiel à l’augmentation du chômage observée depuis 2008, il est endémique, connu de toutes et tous mais jamais reconnu par la direction qui ose encore affirmer qu’il s’agit d’une question d’organisation et non pas de moyens.
La charge excessive de travail, l’incontestable manque de moyens, la désorganisation qui se transforme en système D au quotidien, jusqu’à épuisement et écœurement des femmes et des hommes qui restent contre tout attachés à leurs missions, sont à l’origine de l’hécatombe en cours, des arrêts maladie à répétition qui ont allégrement dépassé les 15000 jours en 2010 dans la région Basse-Normandie.
Outre les conséquences sur la santé au travail, les risques psycho-sociaux auxquels sont soumis les salariés de Pôle emploi, c’est l’institutionnalisation du danger permanent à laquelle nous assistons. Et il n’est plus question de se contenter d’émettre des alertes, au risque un jour d’avoir à réparer l’irréparable, tant les menaces verbales de « clients » excédés se font chaque jour plus insistantes.
La signature d’un contrat de travail ou d’une lettre d’engagement à Pôle emploi n’avait jamais été envisagée comme un arrêt de mort professionnel et social qui ne laisserait à l’esprit qu’une question : devrons-nous encore longtemps creuser pour trouver plus profond que le fond ?
Le vendredi 27 juillet, épuisés physiquement et psychologiquement par la situation qui les met en danger permanent, les collègues de Caen Nord ont unanimement décidé de faire valoir leur droit de retrait. Ils ont refusé d’ouvrir le site que la Directrice Territoriale du Calvados a fait ouvrir à 10h15 par l’équipe locale de direction.
Sensibilisée au plus haut point par la situation de son personnel en détresse, la direction a menacé les agents, mandaté un huissier au zèle de procureur pour un constat en vue de contester la légitimité de l’usage du droit de retrait. Certains agents ont reçu un courrier qui mentionne la possibilité de sanctions disciplinaires et de potentielles retenues sur salaire.
Le collectif de Caen nord s’est étonné de cette inhabituelle réactivité managériale. Il aurait préféré qu’elle se manifestât plus tôt, dans le sens de la résolution des problèmes soulevés depuis des mois et non par un bâton levé qui viendrait le punir d’avoir osé se protéger et dénoncer l’inacceptable.