La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Un rapport de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale pointe en particulier l'exposition des agents de Pôle emploi aux risques psychosociaux
Un extrait du rapport
"Une étude de CSP Formation, publiée en février 2011, a mis en évidence quatre facteurs particulièrement générateurs de risques psychosociaux :
93 % des personnes interrogées considèrent que la charge de travail est un facteur « assez » ou « très important » de stress au travail, 91 % évoquent la pression sur les délais et 89 % celle sur les résultats, et 86 % mentionnent les restructurations organisationnelles.
L’intensification du travail peut aussi s’accompagner de changements importants et incessants de l’organisation du travail ou des tâches demandées. Un rythme de changement excessif ou des transformations insuffisamment expliquées aux salariés peuvent, alors être déstabilisants et facteurs de mal-être. La situation actuelle à Pôle emploi, témoigne de l’effet délétère sur la santé des salariés d’une intensification du travail dans un contexte de changements et de restructurations importants. À la suite de cinq suicides intervenus en décembre 2009, une étude a été menée par le cabinet ISAST (1), en s’appuyant sur questionnaire auquel ont répondu 25 000 salariés. Les réponses témoignent d’une situation de travail difficile. Plus de 70 % des agents se plaignent d’une quantité de travail excessive et 61 % estiment recevoir des ordres contradictoires. Cette situation est profondément liée à l’augmentation importante de la charge de travail – le nombre de chômeurs ayant augmenté de 600 000 en 2009 –, mais aussi à la transformation de leurs métiers qu’ont connue les agents des associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (ASSEDIC) et de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), lors de la création de Pôle emploi.
CONTRIBUTIONS DES MEMBRES DE LA MISSION
CONTRIBUTION DE M. ROLAND MUZEAU
(Groupe de la gauche démocrate et républicaine)
Pour comprendre la contribution des députés communistes, républicains et du parti de gauche et le sens de leur abstention sur le présent rapport, il convient de revenir sur notre demande initiale de création d’une commission d’enquête sur le champ plus précis « des conséquences sur la santé des salariés des restructurations permanentes, des nouvelles formes d’organisation du travail et méthodes de gestion du personnel à France Télécom comme dans l’ensemble des secteurs de l’économie nationale. » Demande rejetée par la majorité présidentielle.
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Parce que France Télécom illustre malheureusement la trajectoire de nombreuses autres entreprises ou organismes privatisés convertis à la révolution managériale, « passés d’une culture de service public à une machine à cash » selon l’expression d’Ivan du Roy, ce droit de regard du législateur aurait éclairé différemment la situation de Pôle emploi ou de la Poste confrontés aujourd’hui aux mêmes processus d’épuisements physiques et psychiques de salariés déboussolés par les stratégies auxquelles ils n’adhèrent pas, contraints de se trahir eux-mêmes, minés par le discours paradoxal entre le travail prescrit et le travail réel…
Enfin, il nous paraissait légitime que la représentation nationale s’arrête sur le cas particulier France Télécom pour rechercher les responsabilités singulières de l’État actionnaire au-delà de la seule direction d’entreprise, de l’État en charge de la politique de santé au travail.
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La situation reste tout aussi préoccupante à la SNCF, à Pôle emploi, à la Poste où les réorganisations en chaîne, les baisses d’effectifs, les changements de métiers… ont manifestement un impact sur la vie, la santé et le moral des salariés (pour 2009, FO communication a recensé 70 suicides sur une population de 290 000 postiers).
À l’occasion du suicide dans le bâtiment du ministère du travail d’un inspecteur du travail, militant syndical, cas non isolé dans la fonction publique, si l’on en croit les personnels de la police, ceux du ministère de l’écologie ou les agents hospitaliers, là encore les logiques à l’oeuvre, la RGPP, la dureté des relations sociales, le rythme effréné des réformes qui broient les services de l’État et leurs agents ont été mis en cause.
Cette question de la souffrance au travail des agents publics, sujet encore tabou selon les syndicats se doit d’être spécifiquement approchée. La majorité a fait un tout autre choix en retenant un champ étroit d’étude pour la mission d’information sur les risques psychosociaux. En conséquence le rapport de la mission centré sur les salariés du secteur privé, ne fait référence qu’à la marge à la situation actuelle à Pôle emploi pour reconnaître, décrire mais sans réellement mettre en perspective « l’effet délétère sur la santé des salariés d’une intensification du travail dans un contexte de changements et de restructurations
importantes ».
Le rapport (texte intégral):
Rapport Lefrand RPS