La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
AFDEF 2011: les demandeurs d'emploi devront attendre !
L'indemnisation des chômeurs en formation longue est en suspend
Les Echos 19 janvier 2011
Permettre aux demandeurs d'emploi de suivre une formation longue pour se réorienter vers un secteur porteur et pour cela prolonger leur indemnisation après épuisement des droits à l'assurance-chômage, c'est un raisonnement plutôt consensuel. Pourtant, cette prestation, appelée « allocation de fin de formation » jusqu'en 2008 et « allocation en faveur des demandeurs d'emploi en formation » (Afdef) depuis, n'existe plus depuis le 1 er janvier. Pour des querelles financières.
Après avoir assumé seul le dispositif pendant plusieurs années, l'Etat cherche depuis 2009 à reporter la totalité de sa charge sur l'assurance-chômage. Il y a deux ans, alors que les comptes de l'Unedic s'enfonçaient dans le rouge et après un bras de fer avec les partenaires sociaux, le premier gouvernement Fillon avait fini par accepter un cofinancement à 50-50 dans le cadre du Fonds de sécurisation des parcours professionnels. L'accord a été renouvelé pour 2010. Mais la convention ad hoc et l'arrêté ministériel concernant l'Afdef sont arrivés à leur terme le 31 décembre. Et, dans le budget 2011, seuls sont prévus les fonds pour continuer à indemniser les chômeurs entrés dans le système en 2010.
La conséquence de la disparition de fait de l'allocation est simple : nombre de chômeurs qui souhaitaient s'engager dans des formations d'aide-soignant ou d'infirmier par exemple, professions toujours en tension malgré la crise, vont être dissuadés de le faire par la perspective de se trouver sans revenu avant la fin de leur formation.
Alors que le chômage reste à un niveau élevé, ce qui plombe toujours les finances de l'Unedic, il paraît difficile au gouvernement de condamner l'Afdef en voulant imposer sa prise en charge en totalité par les partenaires sociaux. « C'est un sujet qui fait partie des discussions actuelles avec eux. Nous avons prévu d'y apporter une réponse dans les prochaines semaines », indique-t-on au ministère du Travail.
Mais tout retard sera préjudiciable : dans l'intervalle, des chômeurs prêts à se reconvertir renonceront à le faire. En 2009, où il avait fallu attendre le 21 avril pour reconduire le dispositif, à peine plus de 17.000 chômeurs avaient pu en bénéficier, contre 22.000 environ en 2008. Et ce alors qu'un volume de 25.000 allocations avait été autorisé par la convention entre l'Etat et les partenaires sociaux, pour un budget de 160 millions d'euros partagé à égalité.