La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Baisse programmée de 34% du budget des Maisons de l'Emploi
Levée de boucliers contre la baisse du budget des Maisons de l'emploi
La Voix du Nord 22 octobre 2011
En 2005, la loi de cohésion sociale, portée par Jean-Louis Borloo, donne le jour aux Maisons de l'emploi, relais entre Pôle emploi, partenaires privés et collectivités territoriales. Six ans plus tard, le gouvernement, qui assure 70 % de leur budget, envisage dans son projet de loi de finances 2012 d'amputer ce budget d'un tiers. D'où la réaction, hier, de plusieurs élus du Nord - Pas-de-Calais.
« Il y a une complémentarité entre les Maisons de l'emploi et Pôle emploi. Nous ne faisons pas doublon. » Bernard Charles, adjoint au maire et président de la Maison de l'emploi de Lille, réfute le principal argument du gouvernement, quant à son projet de baisse de 34 % du budget 2012 de l'outil né de la loi de cohésion sociale de 2005.
Hier, dans les locaux de la MDE lilloise, il n'était pas seul à monter au créneau : élus municipaux, députés (Yves Durand, représenté par Yves Vicot), sénateurs (Marie-Christine Blandin, Éric Bocquet) et bien sûr, présidents de MDE du Nord - Pas-de-Calais (Martial Blanckaert, Marc Godefroy, Jacques Patris, Christian Loison et Hervé Henon) tenaient une conférence de presse afin de faire savoir au gouvernement qu'ils ne comptaient pas en rester là. « Le développement des synergies entre Maisons de l'emploi, Pôle emploi et collectivités territoriales a besoin de sérénité dans les décisions de l'État », a résumé Bernard Charles.
En effet, drôle de paradoxe : il y a six ans, le gouvernement crée cet « outil » supplémentaire en faveur de l'emploi six ans plus tard, il a déjà programmé deux baisses successives de son financement (l'année dernière, la menace de baisse était de 40 %, revue à 22 % après une mobilisation similaire).
Autre paradoxe, sinon flagrant désaveu : Jean-Louis Borloo, auteur de la loi de cohésion sociale, et donc « père » des MDE, a signé le courrier envoyé au président de la République et à son Premier ministre par les élus régionaux refusant ce désengagement de l'État. Tout comme Valérie Létard.
Des élus qui pointent du doigt les conséquences possibles d'une telle décision : les 18 MDE de la région emploient 220 salariés. Soixante-sept d'entre eux sont menacés par la coupe budgétaire. Sans parler de la viabilité des actions en cours, menées de front par Pôle emploi et les MDE locales. « Actuellement, nous en avons 19, dans le Dunkerquois. S'il y a moins d'argent, il va falloir faire des choix. Mais franchement, Pôle emploi pourrait faire la pub des Maisons de l'emploi... qui participent actuellement aux réunions du projet de terminal méthanier, par exemple », a tenu à préciser Martial Blanckaert, directeur adjoint de la MDE de Dunkerque.
Dans les prochains jours, les élus présents hier devraient se faire l'écho de cette protestation, dans leurs assemblées respectives. Comme Éric Bocquet, sénateur du Nord, qui a tenu à synthétiser les positions de ses « confrères » : « Il est urgent de faire remonter l'indignation. Car l'emploi reste la préoccupation principale des Français. » Et des Maisons de l'emploi nordistes.