La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Comment faire baisser les chiffres du chômage en période de crise ? Une équation difficile à résoudre pour XB
Pas de grande réforme mais un grand objectif : « Faire baisser le chômage de façon durable. » « Ce qui importe, c'est la sortie de crise, et son baromètre, c'est l'emploi », martèle le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Santé, qui se fixe « une obligation de résultats » mais pas d'objectifs chiffrés.
Xavier Bertrand mesure la complexité de la tâche. La brusque remontée du chômage en novembre a rappelé que la situation restait fragile, et 2011 ne devrait connaître qu'une reprise modérée des créations de postes. Selon Pôle emploi, une croissance de 2 % permettrait d'abaisser de près de 100.000 le nombre de chômeurs. Ce qui ne ferait qu'annuler la hausse de 2010. L'exercice sera d'autant plus délicat que le gouvernement va réduire le nombre de contrats aidés, en raison des restrictions budgétaires.
Des efforts particuliers vont être menés pour l'emploi des jeunes. Nicolas Sarkozy veut doubler, à terme, le nombre de jeunes en alternance chaque année, pour le porter à 1,2 million, et Nadine Morano, en charge du dossier, devrait faire de premières annonces mi-janvier. Mais là aussi, les marges de manoeuvre sont réduites. Et déjà, la CGPME et les syndicats dénoncent le « très mauvais signal » constitué par l'arrêt, depuis le 31 décembre, des aides anti crise (« zéro charges apprentis », primes à l'embauche). La question des chômeurs longue durée, en particulier ceux de plus de 50 ans, devrait aussi animer les débats.
Xavier Bertrand, qui entame aujourd'hui des consultations sur l'emploi des jeunes avec François Chérèque (CFDT), sera confronté à la méfiance des syndicats, peu enclins à des compromis après le conflit des retraites. L'exécutif n'a pas le sentiment que les partenaires sociaux eux-mêmes aient la volonté de faire avancer les réformes par la négociation.
Côté santé, le ministre devra gérer les suites de l'affaire du Mediator (des réformes structurelles, notamment de la pharmacovigilance, sont attendues). Et piloter la délicate réforme de la rémunération des médecins.