La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Concarneau (29). Sans contrat, Lydie s'accroche à son poste
Le Télégramme 2 septembre 2010
Lydie Breuilly a entamé un bras de fer avec la direction de Pôle emploi pour conserver son poste malgré la fin de son contrat. Les syndicats qui la soutiennent pour obtenir sa titularisation ont déposé un préavis de grève
Entamé en mars dernier, le contrat unique d'insertion de Lydie Breuilly, son douzième CDD depuis 1998, devait logiquement prendre fin le 31août. 27h30 hebdomadaires consacrées à la gestion administrative et au suivi des contrats d'accompagnement dans l'emploi.
Contrat non signé
Ce contrat, Lydie Breuilly a refusé de le signer au motif qu'il ne lui est parvenu que le 3mars, soit deux jours après la date de début d'activité mentionnée sur le document. Par la suite, son employeur lui a adressé un deuxième exemplaire auquel elle a opposé un second refus, «un paragraphe ayant été modifié dans l'intervalle» justifie-t-elle. Lydie Breuilly travaillait donc depuis six mois sans jamais avoir signé de contrat de travail et c'est sur ce point que la salariée et les syndicats basent leur défense pour réclamer une titularisation. Ils partent du principe qu'on ne peut rompre un contrat non signé et renvoient à la législation du travail selon laquelle tout CDD doit impérativement être signé dans les deux jours ouvrables suivant l'embauche, faute de quoi, il se transforme en contrat à durée indéterminée.
Constat d'huissier hier matin
Entamée au moyen de courriers et de pétitions adressés à la direction rennaise, cette lutte pour obtenir la titularisation s'est poursuivie hier sur le terrain, à l'agence concarnoise. À 8h30, Lydie s'y est présentée malgré la fin de collaboration signifiée la veille par le directeur des lieux, Vincent Rouziès. «Je suis en CDI», a-t-elle déclaré avant de se retrouver face à un huissier venu, à la demande de la direction, constater cette occupation de poste. Rejointe par Annabelle Denny et Thierry Le Vasslot, délégués CGT, la salariée a passé le reste de la journée dans la cafétéria de l'établissement où plusieurs collègues sont venus lui apporter son soutien. «On veut virer les précaires alors qu'on croule sous les tâches», dénoncent les deux cégétistes pour lesquels «il est temps que Pôle emploi s'impose les règles qu'il fixe aux autres employeurs».
La direction dit non
Menées au cours d'une réunion associant la directrice régionale Nadine Crinier et les représentants du personnel, les négociations n'ont pas débouché sur une issue favorable. En fin d'après-midi, les représentants syndicaux étaient avisés du refus de lui proposer un contrat à durée indéterminée. «Décision a été prise de déposer un préavis de grève pour la semaine prochaine.» En attendant, Lydie se rendra à nouveau au Pôle emploi ce matin.