La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
En passant par la Lorraine, Lolo avec ses gros sabots
Le Républicain Lorrain 19/01/10
Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, fait le bilan un an après sa création de Pôle emploi, très critiqué. Il estime que la Lorraine a les moyens de «sortir de la crise par le haut ».
Un an après, quel bilan tirez-vous de Pôle emploi ? S’il faut bien tenir compte de sa naissance en pleine crise, le parcours reste très long pour les chômeurs…
Laurent WAUQUIEZ : «La création de Pôle emploi s’est faite dans un contexte qui ne pouvait pas être plus compliqué. Et la crise ne nous a pas facilité la tâche. Sur une région comme la Lorraine, elle a demandé d’accompagner 24 % de demandeurs d’emplois en plus Les agents de Pôle emploi ont été beaucoup critiqués, mais il faut se rendre compte du travail qu’ils ont abattu ! Ils ont, eux aussi, dû faire face à la crise et en même temps bâtir les fondations de Pôle emploi. Il faut donc se rendre compte du chemin parcouru en un an. Je rappelle que la réforme du réseau des impôts s’est faite en six ans ! Evidemment, des choses ont été réussies, d’autres qu’on doit améliorer […] Dans une société où on veut tout de suite, il y a des choses qui prennent un peu de temps. Je dirais qu’en 2009, on s’est occupé des fondations ; 2010, c’est le gros œuvre ; 2011, ce sera les finitions.»
Justement, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, vient d’affirmer que «l’emploi sera le test de la réussite de la reprise en 2010». Malgré les signes de reprise, on sait que l’impact sur l’emploi ne sera pas immédiat, que les prochains mois seront durs…
«Je l’ai dit plusieurs fois : le fil rouge de l’action du gouvernement en 2010, ce sera l’emploi. J’ai essayé d’avoir un discours responsable en la matière, ne pas vendre d’illusions. On va commencer par quelques mois difficiles et on espère avant fin 2010 faire repartir le chômage à la baisse. Deux signes d’espoir : le gouvernement vient de revoir ses prévisions de croissance à 1,4 % sur 2010. Or on sait qu’autour de 1,5 % de croissance, on fait baisser le chômage. Autre signe intéressant, en Lorraine cette fois : la Smart électrique y sera produite ! Cela montre qu’on peut y arriver.»
A l’instar de France Télécom, les risques psychosociaux sont une inquiétude à Pôle emploi, vu le niveau de tension au quotidien entre agents et usagers, comme le montre le rapport que vous avez commandé. Quelle amélioration peut-on attendre demain ?
«Je n’ai pas voulu attendre qu’on ait des drames pour qu’on se préoccupe de ce sujet. Vu les conditions difficiles de travail et l’agressivité à laquelle sont soumis les agents et on le comprend, car les gens sont en situation de détresse , je voulais qu’on puisse se poser et discuter. Une négociation avec les partenaires sociaux de Pôle emploi, sur les risques psychosociaux, vient d’être lancée. Ensuite, il y a eu des renforts. Exemple : 80 CDD et CDI ont renforcé les équipes en Lorraine, en moyenne deux ou trois personnes en plus par agence ; 5 000 renforts ont ainsi été déployés au niveau national sur 45 000 agents. Ensuite, sur 2010, on va améliorer la relation avec les employeurs pour ne pas gâcher d’emplois ; ensuite, il faudra travailler sur la formation, la clé pour la reconversion dans les bassins industriels qui ont souffert.»
Depuis la fin des années 70, la région ne semble pas se sortir d’un cycle de récessions issues de la crise des mono-industries, puis aujourd’hui des coups portés à la filière automobile l’an passé. Y a-t-il une fatalité lorraine, selon vous ?
«Je suis confiant sur la capacité de la Lorraine d’en sortir par le haut. D’abord, vous êtes sur un axe de communication qui a repris de la force grâce aux investissements réalisés. Il y a la liaison avec le Luxembourg et le TGV ; avec Metz et Nancy, vous avez deux métropoles fortes. Outre la Smart, des avancées dans l’agroalimentaire et les énergies renouvelables montrent que la Lorraine va de l’avant. La région a des atouts, il faut juste ne pas céder au pessimisme.»
Propos recueillis par Alain MORVAN.