La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
L'annonce de XB affaiblit Christian Charpy pour la fin de son mandat

Les Echos 2 mai 2011
La perspective d'un retournement du marché de l'emploi prend forme après un premier trimestre marqué par un recul du nombre de chômeurs n'ayant pas du tout travaillé. Mais mieux vaut ne pas crier victoire trop tôt, a bien conscience le ministre du Travail et de l'Emploi. Samedi, dans une interview au « Figaro », Xavier Bertrand s'est ainsi fixé un « premier objectif » prudent : « passer au plus vite, et en tout cas avant la fin de l'année, à un taux de chômage inférieur à 9 % en métropole ». C'est 0,2 point de moins qu'à fin 2010, soit 55.000 chômeurs de moins sachant que Pôle emploi en a déjà dénombré 42.500 de moins (en catégorie A) de janvier à mars. Et ce alors que la montée en puissance des contrats aidés annoncés en janvier n'a pas encore produit ses effets.
Xavier Bertrand se garde ainsi des marges de manoeuvre pour inscrire à l'actif du gouvernement des performances bien plus positives tout au long de l'année et à l'heure des bilans préélectoraux. C'est aussi à cet aune qu'il faut mesurer son interventionnisme croissant sur Pôle emploi depuis quelques semaines. Pour réaffirmer son autorité, il a annoncé, samedi, que le directeur général de l'opérateur ne sera pas reconduit dans ses fonctions à la fin de son mandat, en décembre. La nouvelle n'est pas une surprise, Christian Charpy n'ayant pas caché se fixer ce terme, mais le propos ne peut que l'affaiblir pour la fin de son mandat. « A nouvelle feuille de route, nouvelle direction », justifie Xavier Bertrand.
Cette feuille de route reste à écrire. Les mesures concrètes que le ministre de l'Emploi évoque ne sont pas des révolutions : la dématérialisation de l'entretien mensuel (par Internet ou téléphone) est déjà là et la détermination automatique du projet d'un chômeur dès son inscription est en cours. La nouveauté tient dans la volonté de remettre en question la forte centralisation de Pôle emploi en vue de redonner de la « souplesse » aux conseillers en agence. Xavier Bertrand veut aborder la question lors de la renégociation ce mois-ci de la convention entre l'Etat, l'Unedic et Pôle emploi. Ce sujet devrait être consensuel, contrairement à celui des moyens de l'opérateur. Un rapport de l'Inspection des finances vient de montrer que ses agents suivent bien plus de chômeurs qu'en Allemagne ou en Angleterre, mais le ministre ferme la porte à une hausse des effectifs. Un casus belli avec les syndicats, comme en témoignent les vives critiques émises hier par François Chérèque envers Xavier Bertrand