La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Frederic Schaeffer 15 avril 2011
Le gouvernement a, certes, abaissé sa prévision de croissance à 2,25 % pour 2012, mais celle-ci est jugée encore bien trop optimiste par l'OFCE. Le centre de recherche en économie de Sciences po anticipe deux années de croissance très modérée (+ 1,4 % en 2011, + 1,7 % en 2012), s'incrivant parmi les instituts les plus pessimistes pour l'année en cours et se situant en ligne avec le consensus pour 2012.
Si des signaux positifs sont apparus en 2010 (rebond des exportations, reprise des créations d'emplois, meilleur moral des chefs d'entreprise...), « les soubassements de cette sortie de crise sont précaires », a prévenu hier Eric Heyer. « L'attention portée à la dette publique risque de porter à des choix de politiques économiques qui auront un impact considérable sur le chômage », a ajouté Philippe Weil, nouveau président de l'OFCE. L'impact des plans de rigueur conjugué à celui de l'envolée du coût des matières premières entravera la demande privée, si bien que « la croissance dans les trimestres à venir sera pauvre en emplois ».
L'OFCE table sur 65.000 créations de postes dans le secteur marchand cette année, puis 92.000 en 2012. Ces prévisions sont très basses : 60.000 emplois ont été créés au second semestre 2010, et l'Insee en prévoit 78.000 rien qu'au premier semestre 2011. Mais, estime l'institut, les entreprises n'ont pas achevé l'ajustement de leur capacités de production et elles vont tenter de redresser leur taux de marge en retrouvant des gains de productivité réduits quasiment à néant pendant la crise : l'ajustement sur l'emploi a été moins fort qu'on pouvait le craindre.
Ce rythme de créations d'emplois sera « insuffisant pour stabiliser le taux de chômage », ajoute l'OFCE. Après être redescendu à 9,2 % fin 2010, le taux de chômage au sens du BIT remonterait à 9,4 % fin 2011, puis à 9,5 % fin 2012 (en métropole). Car la population active va progresser un peu plus rapidement que l'emploi « sous l'effet cumulé de la suppression des départs anticipés des seniors, de l'extinction des dispositifs d'accompagnement des licenciés économiques et des premiers effets de la réforme des retraites ». Applicable progressivement à partir du 1 er juillet, cette dernière aura pour effet de retenir sur le marché du travail 48.000 personnes cette année et autant en 2012, estime l'OFCE. Quant à l'embellie de la fin 2010, l'institut estime qu'elle est plus liée « à de nombreux chômeurs découragés qui sont sortis de la population active » qu'à une amélioration réelle du marché du travail. Pour preuve, la baisse du taux d'activité fin 2010 a été plus importante que celle du taux de chômage.
Le document de l'OFCE pour les nuls:
OFCE 140411