La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Chômage business
Débordé, Pôle emploi confie des chômeurs à des prestataires privés.
Le Journal de Saône et Loire le 4 mars 2010
1 610 chômeurs du Département se verront confiés à des partenaires privés de « Pôle Emploi » dans les mois à venir. 1 200 chômeurs iront se rendre dans les 7 agences «Manpower » du département, tandis que le cabinet de reclassement « Sodie » doit s'occuper de 410 licenciés économiques.
Céline, 29 ans, habite Mâcon. En recherche d'emploi depuis 2 ans, elle a été dirigée vers « Manpower » en octobre 2009, après avoir été suivie par « Pôle Emploi » durant « 1 an et demi ». «Les entretiens sont quasiment les mêmes. À Manpower, on m'a appris à détailler et mettre en valeur mon CV », explique-t-elle. Des rendez-vous qui n'ont pas abouti sur un job. « Ma collaboration avec l'agence se termine dans 2 mois, je ne sais pas du tout qui va s'occuper de mon dossier par la suite ». D'autres expériences ont été plus heureuses, comme celle d'une demandeuse d'emploi dirigée vers l'agence « Manpower » de Chalon-sur-Saône, qui a finalement trouvé un CDD… dans cette même agence. « Pour faire face à une activité qui a augmenté de 30 % en 18 mois, nous avons dû faire appel aux OPP », explique Gilles Champouret, directeur du support aux opérations à « Pôle Emploi Bourgogne ». Mais, précise-t-il, « nous ne nous désintéressons pas des demandeurs. Des rencontres tous les 15 jours avec les opérateurs nous permettent de faire le point au cas par cas ».
Activité décuplée
« Avec 509 demandeurs suivis par Manpower au 28 février dernier, la Saône-et-Loire concentre 40 % des demandeurs que nous suivons en Bourgogne, c'est énorme », exprime Karine Vanetti, responsable régionale de « Manpower égalité des chances ». 6 personnes dédiées à cette activité ont été embauchées récemment. « Chaque agent gère entre 40 et 50 demandeurs d'emplois », précise-t-elle. Pour cette mission, « Sodie » a ouvert deux cabinets dans le département, à Chalon et Mâcon. Sur une centaine de demandeurs pris en charge par le cabinet, « 10 % ont retrouvé un emploi de plus de six mois, 10 % sont partis en formation et 17 % ont signé un CDD » détaille Yves de Clebsattel, directeur grand projet en charge du projet Pôle Emploi à « Sodie ».
Craintes des syndicats
Les syndicats craignent des dérives. « Leur but est de faire du bénéfice. À Dijon, Manpower a refusé de prendre en charge une personne parlant mal le Français. Elle devait sûrement être difficile à réinsérer… Nous, service public, nous devons rendre service à tous les usagers », assure Vincent Kerlouegan, délégué syndical SNU Pôle Emploi.