La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

La Dépèche (Tarbes) 9 mai 2012
Galère d'emploi, de ressources, casse-tête administratif, droits bafoués… Le témoignage de Florence Domont colle, hélas ! à l'époque et à une génération forcée de s'accommoder avec la précarité. « J'ai cotisé lorsque j'étais salariée. C'est de mon argent qu'il s'agit ! Je suis seule avec ma fille et là, on m'achève. Sans mes indemnités, je suis exclue de tout. Je n'ai pas de vie sociale et je suis dans l'impossibilité de chercher un emploi. Je suis coincée », raconte-t-elle en tournant et retournant dans sa tête ses déboires ubuesques avec Pôle Emploi. Titulaire d'un BTS d'assistante de direction, cette jeune maman de 28 ans élève seule son bébé de 20 mois. Sans le sou depuis qu'elle a été radiée de l'agence Tarbes-Pyrénées le 9 mars dernier. L'assistante sociale vient de lui débloquer 180 €. « J'ai dû aller à la Banque alimentaire. Je n'aurais jamais cru devoir mendier un jour. » Motif de sa radiation ? « Un entretien téléphonique loupé le 9 mars avec mon conseiller emploi. »
Ce que Florence Domont conteste : « Il ne m'a jamais appelée ! ». Elle a appris sa disparition de la liste des chômeurs début avril, après avoir emménagé à Trèbes pour se rapprocher de son père. « Votre dossier ne peut être transféré dans l'Aude vu que vous avez été radiée », lui indique-t-on au bout du fil. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, l'organisme lui réclame 873 €, soit le remboursement du trop-plein versé ! Qui dit radiation, dit sanction. La voilà sous le coup d'une interdiction de réinscription : elle ne pourra le faire que le 10 mai, auprès de l'agence carcassonnaise. « Je ne peux même pas chercher un boulot ! Je n'ai plus accès aux annonces complètes. » Elle se heurte à un mur : « J'ai contesté par écrit, en recommandé, la radiation et demandé la levée de la sanction. Personne ne me répond », s'indigne-t-elle.
C'est en janvier 2011 qu'elle a touché son premier mois de chômage : 1.140 €. « Waouh ! J'étais riche ! », rigole-t-elle au regard des 525 € de RSA qu'elle a perçus un temps. Employée en CDI aux pompes funèbres générales à Tarbes, elle a mis entre parenthèses sa vie professionnelle avec la naissance de sa fille. Au terme de son congé maternité en janvier 2011, elle enchaîne avec un congé parental. En mars 2011, elle se sépare de son époux. Elle demande à reprendre son poste mais c'est à Pau que son employeur veut l'envoyer. Elle refuse, s'obstine, finit par être réintégrée à Tarbes en novembre 2011 et virée en guise de cadeau de Noël, à la mi-décembre pour refus de mutation. Elle a porté l'affaire devant les prud'hommes. La conciliation a échoué. L'audience aura lieu le 4 septembre prochain.
Pôle Emploi Tarbes-Pyrénées n'a pas donné suite à nos demandes d'entretien.